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Tome II.
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SEPTIÈME PARUE. — CHAPITRE Y.

ses inconvénients, parce cpie sans cela tout le monde embrasserait lesmeilleures professions et abandonnerait les plus mauvaises. Mais celleparfaite liberté dans le choix des professions n’existe jamais; les goûts,l’ignorance, le caprice des consommateurs, les circonstances diverses oùils se trouvent placés, ne sauraienls’accommoderàdesrèglesimpérieuses; fcelle condition, toutes choses d'ailleurs égales , équivaut à une impossibilitéet retombe dans la catégorie des suppositions gratuites. C’estun des pointsoù les résultats de l’économie politique expérimentale, et ceux des théoriesabsolues, s’accordent le plus rarement.

Au premier rang des consommations les plus favorables aux produc-teurs, on doit placer les consommations reproductives, parce qu’ellesportent en elles le germe de leur rénovation. La fabrication de tout ce quis’emploie dans les manufactures ne cesse jamais; la fabrication des objetsde luxe ne se renouvelle pas souvent, du moins sous les mêmes formes.

Par une raison du même genre, la production des objets constamment né-cessaires à la classe laborieuse, comme celle des étoffes les plus généra-lement employées, quoique stérile en soi, donne lieu aux professions lesplus constamment employées.

Une vue superticielle de la société a fait croire qu’on ne pouvait trouverde nouveaux profits qu’en réveillant de nouveaux goûts chez les riches;comme ce n’est qu’à eux que l’on suppose assez d’argent pour acheterau-delà de ce qu’ils achètent déjà; et comme ils sont pourvus des chosesnécessaires, on voit les producteurs mettre leur esprit à la torture pourcréer des superfluités et pour exciter une sensualité blasée par les jouis-sances. Il serait bien plus important d’éveiller de nouveaux goûts chez laclasse indigente. Elle ferait de nouveaux efforts pour les satisfaire, et c’estlà’qu’on trouverait des multitudes de consommateurs et des ressources iné-puisables pour les producteurs.

Pour nous convaincre de l’immense quantité de produits qui pourraienttrouver à se placer dans les classes nombreuses et laborieuses de la so-ciété, comparons les produits qu’on rencontre dans ces villages misérables,tels qu’on en trouve par milliers dans les pays les plus civilisés de l’Europe,avec les produits qui frappent les regards lorsqu’on visite un village quel-conque d’un canton prospère de l’Angleterre, des Etats-Unis, de la Hol-lande ou de la Suisse. Le bien-être de ces cautons n’est point chimérique,puisqu’il existe ; les institutions auxquelles il est dû sont encore loin d’êtreparfaites ; le climat, le sol, ne sont pas les plus favorables. Je n’établis pas