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Tome II.
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CONSOMMATIONS FAVORABLES AUX PRODUCTEURS. 217

de comparaison entre de pauvres manouvriers et d'opulents propriétaires;mais entre des hommes qui exercent dans deux pays différents des pro-fessions analogues, et qui forment, dans l’un comme dans 1 autre, le fondde la population. Chaque village, dans les uns, me présente un aspectgénéral d’aisance et de propreté que je ne trouve point dans beaucoup denos proviuces. Des arbres et des fleurs ornent le devant des maisons etsont garantis par des barrières ou des treillages ; les fenêtres sont vitrées;les contrevents, les portes, sont peints à l’huile, et celte peinture, renou-velée de temps à attire, est toujours ftaiche et sert de préservatif pour lesbois. J’entre, non dans une piece servant tout à la fois de cuisine, dechambre à coucher, et peut-être d’étable ; mais dans'une piècejpropre etrangée , meublée de chaises, de tables et d’armoires. Si l’on y voit desvases, des lasses, de la vaisselle, ce ne sont point des poteries grossières,mais des faïences légères et commodes. Si je passe dans une chambre àcoucher, j’v trouve d’autres meubles encoie : peut-être une pendule et untapis de pied, mais à coup sûr des matelas et des couvertures sur les lits,des rideaux et une cheminée prête à recevoir du feu.

Dans ses repas, la famille consomme une nourriture saine et suffisam-ment abondante, de la viande fréquemment, des légumes et une boissonfortifiante.

Autour de la maison, une cour, un jardin, bien tenus, une étable, desanimaux de basse-cour, les outils de la profession qu’on exerce, de bonnequalité et en quaulilé suffisante. Toutes ces choses sont des produits dontla consommation est plus ou moins lente et qui se renouvellent lorsqu’ilen est besoin. Beaucoup de ces produits sont les fruits de l’intelligenceet de l’activité de la famille, comme les plantations, l’arrangement, la pro-preté, les animaux, les légumes, etc. Elle en est à la fois productrice etconsommatrice ; mais beaucoup d’autres choses sont le fruit d’une indus-trie étrangère à la famille, parce qu’elle-même est industrieuse dans saprofession , et qu’elle crée des valeurs dont elle achète les produits dumaçon, du charpentier, du menuisier, du peintre, du vitrier, du serrurier,du meunier, du savonnier, de l’épicier, du manufacturier et du marchand,qui ont fabriqué ou procuré les faïences, les étoffes, tous les produits quimeublent la maison et vêtissent la famille.

Or tous ces objets, ou au moins la plupart, sont inconnus dans l’aqtrevillage, dans ce misérable amas de chaumières qui, malgré la faveur duclimatet quelquefoisde la situation, est néanmoins peuplé d’habitants qui,parleurs besoins et leurs travaux , sont plus rapprochés de la condition