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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE VI.

il Test sous plusieurs rapports, non-seulement économiques, mais moraux.

Ne retirant aucun des fonds productifs qui existaient dans le pays,l’émigrant ne supprime positivement aucun des profits qu’ils rapportaient :les capitaux qui servaient à l’exploitation de la terre sont censés servirencore au même but; on peut en dire autant des profits des travailleurs.Le revenu exporté provoque la reproduction à peu près de la même ma-nière que s’il devait être consommé dans le pays; car, pour l’envoyer audehors, il faut acheter des produits; si ce ne sont pas précisément ceuxque consommera le propriétaire du revenu, ce seront néanmoins des pro-duits du pays Les revenus irlandais envoyés en Angleterre le sont enproduits de l’Irlande. Mais quelle différence entre un tel envoi et une con-sommation sur place ! Elle est nécessairement improductive, puisqu’ellen’amènera point de retours. Celle même qui aurait été improductive, si lepropriétaire eût été sur les lieux, aurait donné lieu à des dépenses plusfavorables au bien-être des Irlandais. Leurs services personnels auraientété mieux récompensés; une partie de celle dépense se serait transforméeen œuvres de munificence; celle même qui n’aurait eu pour objet que lasatisfaction du maître, aurait eu pour effet d’améliorer les fonds productifsdu pays, de l’enrichir. On sait combien les fonds de terre gagnent par larésidence de leurs propriétaires. Un homme fait, un chef de famille, mêmelorsqu’il ne dirige aucune entreprise lucrative, n’est jamais oisif. II admi-nistre au moins une partie de sa fortune et travaille au bien-être de toutesa maison; son économie profite à son pays; il élève ses enfants, qui de-viennent des membres utiles du corps social; lui-même exerce quelquesfonctions dans l’intérêt de tous; il cultiveunebranche des sciences; il défendles intérêts de son pays, par ses actions, par ses discours, par ses lumièreset ses talents acquis. L’influence de chaque homme en particulier peutn’être pas très marquée; elle devient grave en se multipliant.

Le consommateur qui réside à l’étranger se soustrait aux droits que songouvernement a mis sur ses consommations, et celle portion du fardeauretombe sur ses concitoyens.

L’impossibilité d’arrêter ces déplacements à moins de tomber dans desinconvénients encore plus graves, doit faire naître de profondes réflexionschezleshommes qui gouvernent les nations. Le système politique du monde

1 Le revenu envoyé en argent équivaudrait encore à un revenu envoyé en pro-duits du pays; car cet argent doit être remplacé, et ne peut l’être qu’au moyendes autres produits qu’on fournit en échange.