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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XVI.
que cette demande fût prise en considération. Elle dut traverser l’admi-nistration forestière, qui envoya ses agents visiter les arbres. Leur rap-port passa par la hiérarchie de leur administration et du ministère desfinances (dont celte administration dépend) pour revenir au ministère del’intérieur duquel dépendent les communes. La vente des arbres de lapromenade fut ordonnée enfin ; mais son produit ne s’éleva qu’au quartde la somme nécessaire pour bâtir l’église ; et comme il n’y avait pas en-core de décision prise par l'autorité sur les moyens de pourvoir au sur-plus, la commune fut obligée, en attendant, de verser à la caisse d’amor-tissement l’argent de sa promenade publique. Qu’arriva-t-il ensuite? sousprétexte des besoins urgents de l’État, ce dépôt fut dissipé avec d’autressemblables.
Remarquez que tout cet échafaudage d’administration a pour objet deprotéger les communes ; et qu’elles paient leur p;.irt des contributions gé-nérales pour jouir de celte protection qui a fait perdre au bourg de Mé-réville son église et sa promenade tout à la fois.
Remarquez encore que, dans cet exemple, tout le mal est venu de l’or-ganisation même, et non de la perversité des administrateurs, qui ne sontpoint accusés de malversation. Supposez-les tous éclairés, supposez-lesintègres, supposez-les assez fermes pour ne céder à aucune considérationde crainte ou de faveur, les affaires du public seront néanmoins mal con-duites. Lorsque les rouages de l’administration sont compliqués, lors-qu’une affaire doit être triturée par plusieurs autorités successivement,un temps précieux se perd dans chaque opération et dans le passage del’une à l’autre. Chaque fonctionnaire croit agir avec probité en examinantl’affaire, en y découvrant des vices, en se faisant donner des explications.
■—Par une faiblesse qui n’est pas un crime, il aime à faire sentir son auto-rité, à laisser solliciter sa bienveillance ; il donne par là des preuves dezèle et fait concevoir une plus haute idée de son importance et de l’utilitéde ses services 1 . Qu’esl-ce donc quand, parmi cette foule de gouvernants,
1 Cette complication, si funeste par elle-même, l’est encore en multipliant lesfrais du personnel et du matériel de l’administration. Pour exécuter tant de tra-vaux nuisibles, il faut un grand nombre d’employés, de grands hôtels pour leursbureaux, des garçons de bureau, des hommes de peine. Pour la moindre affaireon barbouille des multitudes de feuilles d’un beau papier qui pourrait être siutilement employé à répandre des notions élémentaires d’agriculture, de phy-sique, de mécanique, etc.