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Tome II.
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DÉPENSE DE L’ADMINISTRATION CIVILE.

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Une administration qui ne réside pas auprès de ses administrés ne sau-rait soigner leurs intérêts avec diligence. Des administrateurs rapprochésconnaissent mieux les objets sur lesquels ils sont appelés à prendre desdécisions; les décisions sont prises plus promptement, et l’administrateur11e peut pas se soustraire à la responsabilité de ses actes.

Bonaparte, toujours avide de pouvoir, en appelant à soi ou à ses con-seillers intimes la décisiou de toutes les affaires d’un grand empire, sousprétexte d’en régulariser l’administration, Ta rendue en effet prodigieu-sement mauvaise et dispendieuse. Un exemple rendra palpable cet effet.Il est puisé dans un ouvrage de M. Delaborde, sur l’Esprit d’association.

Pendant que l’auteur était maire de Méréville, l’église de ce bourgs’écroula, faute d’unedépense pour laquelle l’autorisation du gouvernementavait été rendue nécessaire. Le gouvernement différa cette autorisation;mais l’édifice ne pouvait pas attendre.

L’accident arrivé, la commune demanda l’autorisation de vendre lesbois de charpente provenant des décombres de l’église, qui demeuraientexposés aux intempéries de l’air et qui se détérioraient : l’autorisationarriva lorsque les bois furent pourris.

Il fallut trouver d’autres ressources pour la reconstruction de l’église,et Ton demanda au gouvernement la permission de s’imposer une contri-bution locale pour cet effet. Le devis qu’il fallut donner des frais présumésde reconstruction demeura un an pour parvenir au ministère de l’inté-rieur, par l’intermédiaire obligé de la sous-préfecture d’abord, de la pré-fecture ensuite ; chaque administration devant prendre connaissance del’affaire et donner son avis. Le même devis resta encore un an au bureaudes bâtiments civils établi près du ministère; il fut renvoyé deux fois à lacommune de Méréville pour des raisons frivoles, telles que de prétendueserreurs dans l’estimation des matériaux et des frais de journées; commesi à Paris on connaissait mieux les prix de la province que dans la pro-vince même ! Mais il fallait que tous ces administrateurs eussent l'air d’avoirété nécessaires et d’avoir gagné leur traitement.

Enfin le devis fut approuvé, mais on refusa à la commune l’autorisa-tion de s’imposer une contribution extraordinaire, parce que cela pour-rait nuire à la perception ordinaire des impôts.

Le bourg de Méréville, qui voulait avoir une église, offrit alors de fairele sacrifice de sa promenade publique qui, le dimanche, faisait les dé-lices des jeunes garçons et des jeunes filles du lieu ; mais de nouvellesautorisations devenaient nécessaires, et il s’écoula encore un an avant