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SEPTIÈME PARTIE.
CHAPITRE XVI.
gables en sont un des meilleurs véhicules, et en France on ne peut rienajouter au zèle de l’administration pour procurer au pays les avantagesde cette navigation. Malheureusement elle est soumise à trois autorités,ou plutôt à trois systèmes d’autorités : à l'autorité du génie militaire, àcelle des ponls-et-chaussés et à celle de la police des rivières; et le na-vigateur souffre également des négligences, du concert et des jalousies deces trois compagnies de fonctionnaires publics. Pour amener de la houilledes frontières belgiques à Paris, ce combustible est obligé de passer sousla couleuvrine de quatre places de guerre ; il se trouve soumis à l’admi-nistration d’autant d’ingénieurs de département et d’autant d’inspecteursde la navigation. Tous ces fonctionnaires ont un grand nombre de subor-donnés, et tous considèrent les intérêts de leur administration commedevant marcher bien avant ceux des navigateurs et de l’industrie, qui sontpourtant ce qui fait vivre tous les administrateurs du monde.
Qu’en arrive-t-il? pour venir parles canaux de Coudé à Chauny, etparcourir un espace que le roulage ordinaire peut franchir en huit jours,la marchandise demeure trois mois ; d’où il résulte des pertes d’intérêtsur les avances, des frais multipliés déroute et de conduite; et le commercese trouve privé de presque tous les avantages qui résultent die ce puissantmoyen de communication. Et n’oubliez pas que c’est toujours dans lasupposition que tous les fonctionnaires sont éclairés, intègres, et inca-pables d’abuser de leur autorité '.
Que si l’on me demandait quel meilleur système d’administration jeproposerais en place de celui-là, je répondrais : aucun. Il faut que lesdroits de chacun sur sa personne et sa propriété soient respectés; et pourcela il ne faut que des lois et des tribunaux. En Angleterre, une loi dé-taillée spécifie les droits des concessionnaires d’un canal, les droits desnavigateurs du canal, les droits des riverains. Quelqu’un de ces droits est-il violé? la partie lésée se plaint devant un juge de paix qui fait exécuterla loi. Est-ce le public en général qui est lésé? le premier venu peut porterplainte, à ses périls et risques si la plainte est injuste; et comme les jugesde paix sont des hommes non salariés par le ministère, le ministère lui-même est condamné s’il a tort. La volonté d’un officier militaire, ou d’unshérif, ou d’un maire, ou d’un ministre, ou d’un conseil d’Etat, ne se pré-
’ En Angleterre, il n’y a pas de corps d’ingénieurs civils faisant partie de l’ad-ministration et prenant part à son autorité; on paie les ingénieurs quand on lesemploie occasionnellement, et l’on se trouve bien de ce mode.