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Tome II.
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SYSTÈME AGRESSIF ET SYSTÈME DÉFENSIF.

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Les diplomates ont coutume de regarder une acquisition de territoirecomme une indemnité des maux et des dépenses de la guerre. Mais quanddes succès militaires ont entraîné la réunion d’une province, je dirai mêmed’un État, au territoire de la France, je demande quel avantage il en estrésulté pour le département de l’Aveyron, de la Dordogne, et de cinquanteautres? Je demande quel dédommagement il ont recueilli des conscritsqu’on leur a enlevés, des millions qu’ils paient aux créanciers du gouver-nement? Ils ont eu un plus grand débouché de leur produits, dit-on ; maisil n’y a aucun des produits de ces départements qui convienne à la pro-vince conquise, à la Belgique, par exemple; une distance trop grande lesen sépare, ou bien la difficulté des communications leur oppose des obs-tacles plus insurmontables que la barrière des douanes. Comment expor-teraient-ils leurs produits dans la Belgique? ils ne peuvent seulement pasles exporter pour le département voisin '.

Renversez les barrières qui séparent des concitoyens parlant le mêmelangage et soumis aux mêmes lois: ils en recueilleront un avantage im-mense ; et, pour l’obtenir, il n’y aura point eu de sang répandu\

On a prétendu que des armées permanentes étaient un utile réceptacledes mauvais sujets d’une nation. Messieurs, il vaut mieux avoir un régimequi’permelte aux hommes de vivre de leur travail, qu’un régime qui leuren ravisse le prix ; il vaut mieux rendre les mauvais sujets rares, que depréparer des armées et des bagnes pour les recevoir.

tion moins heureuse, de même que les règles d’une stricte économie ne défendentpas des générosités aux riches. Mais ces cas sont excessivement rares. On nepeut pas même citer le secours que la France donna pour l’émancipation desEtats-Unis. La France devait s’affranchir à tout prix des conditions insultantesdu traité qui lui avait été imposé par l’Angleterre en 1763; traité que le gouver-nement d’alors n’aurait jamais été contraint de subir, sans les abus multipliéset l’impopularité qui paralysaient ses ressources.

1 Un moyen de communication, un canal, une route, ouvrent à un départe-i

ment intérieur un débouché plus précieux pour lui que la conquête d’une pro-jvince ; car c’est par là qu’il conquiert son pays tout entier, /

2 Le seul progrès des lumières aura pour effet, sinon d’abattre, au moins d’a-baisser beaucoup les barrières artificielles qui séparent les nations, et qui serontdès lors des obstacles beaucoup moindres que les obstacles qu’oppose la natureà leurs communications. On verra dans les prohibitions et dans les gros droitsd’entrée ce qu’ils sont réellement : un accroissement de frais de production, unrenchérissement aussi préjudiciable aux consommateurs qu’aux producteurs.