DÉPENSE DE LA NAVIGATION INTÉRIEURE.
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CHAPITRE XXIV.
Dépense de la navigation intérieure.
Lorsque nous nous sommes occupés de la production commerciale, jevous ai fait remarquer, messieurs, à quel point les canaux de navigationla favorisent. Ce sont des routes liquides qui supportent impunément lesplus lourds fardeaux et sur lesquels ils glissent avec une facilité telle,qu’un seul cheval, sur une eau tranquille, entraîne un poids qui exige-rait cinquante ou soixante cheveaux et un nombre d’hommes propor-tionné, s’il fallait le transporter par terre. Il en résulte surtout pour lesproduits bruts et encombrants, tels que ceux de l’agriculture et des mines,que le marché où ils peuvent se vendre et se consommer s’étend indéfi-niment. Il existe en France des milliers de situations où le vin, les fruits,la houille, le minerai de fer se produiraient à foison et à bas prix, si l’onpouvait les y vendre ; mais les frais qu’il faut faire pour tirer ces chosesde leurs localités en élèvent le prix au-dessus du taux où les consomma-teurs peuvent atteindre. Ce sont des choses qui pourraient être des pro-duits et qui n’en sont pas ; des choses auxquelles il ne manque, pour de-venir des richesses, que de pouvoir être voiturées à bas prix.
La plus simple et la plus naturelle des communications par eau est
tons; car les routes doivent être commodes pour les piétons, pour les gens depied comme pour les gens en voiture, et tout ce qui facilite les communicationsd’un endroit à un autre est favorable à la civilisation. Ces trottoirs doivent êtrearrondis pour ne pas retenir l’eau, et un peu élevés pour que les conducteurs nepuissent pas y mener leurs voitures. En Angleterre des piquets sont plantés dedistance en distance entre la roule et le trottoir, et la tête de ces piquets estpeinte en blanc. Cette précaution les conserve et suffit pour les faire apercevoirpendant la nuit.
Placez à tous les embranchements de chemins des poteaux portant indicationdes lieux où ils conduisent. Il faut que le voyageur étranger au canton n’éprouveaucune incertitude sur la route qu’il doit tenir.
Quand on s’occupe beaucoup du public, on a soin de placer de temps en tempsdes pierres servant de bancs, et des abris où le voyageur puisse trouver un re-fuge contre l’orage et se reposer au besoin.