Band 
Tome II.
Seite
308
JPEG-Download
 

308

SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXIII.

L’établissement et l’entretien des chaussées pavées coûtent beaucoup;le pavé fatigue les voitures, les voyageurs et les marchandises ; comme lespavés sont chers, la chaussée est toujours trop étroite ; et quand deux voi-tures se rencontrent, elles courent le double risque de se heurter ou detomber sur les bas côtés 1 . Les routes ferrées sont préférables, et avec lesoin, léger mais constant, déporter remède aux plus petites dégradationsaussitôt qu’elles se manifestent, on les entretient à peu de frais. Les chap-sées pavées sont un moyen de suppléer aux soins et à la diligence qu’onn’a pas; mais c’est un moyen insuffisant, incommode et dispendieux 2 .

' L’étendue de la France, le petit nombre et le mauvais état de ses rivièresnavigables, y rendent le roulage très considérable et nécessitent des routes fortsolides. On peut croire néanmoins qu’en assujettissant le roulage à certainesrègles, comme de n’employer que des chariots à quatre roues traînés par unseul cheval, et en organisant un bon entretien des routes, les routes elles rou-lages y gagneraient l’un et l’autre. Des expériences comparatives faites en An-gleterre ont prouvé que le même nombre de chevaux, attelés un à un à depetits chariots à quatre roues, traînent une somme de fardeaux d’un quart su-périeure à ceux que transportent de gros chariots. Les routes en sont incom-parablement plus ménagées. Il ne faut qu’un conducteur pour six chariots.

3 Pour que les routes soient commodes et d’un entretien facile, voici quelquespréceptes bien communs, mais beaucoup trop négligés :

Faites les chemins ferrés, formez-les de cailloux concassés en morceaux quin’excèdent pas la grosseur d’un œuf. Faites-les d’une largeur suffisante, et n’ymettez rien au-delà. Quand un chemin est trop large, il enlève à l’agricultureun terrain précieux, et l’entretien eu est plus coûteux.

11 est nécessaire que le terrain que recouvre la superficie du chemin ne soitjamais humecté pour qu’il conserve sa dureté et ne s’enfonce pas ; conséquem-ment il doit être suffisamment bombé, et des écoulements ménagés pour les eauxaux deux côtés.

Réparez les plus petites dégradations aussitôt qu’elles ont eu lieu. Une or-nière qu’on ne remplit pas de gravier se remplit d’eau, l’eau amollit le sol, etles roues qui surviennent enfoncent l’ornière.

Ayez de distance en distance des petits tas de matériaux secs, durs, concas-sés; et que les cantonniers, placés de distance en distance, parcourent la routeavec une brouette et une.pelle pour remplir les moindres creux à mesure qu’ilsse manifestent. Moyennant un petit soin soutenu, on n’a jamais de grandes ré-parations à faire, et ce sont les plus dispendieuses.

Établissez sur un des côtés de tous les chemins un trottoir ferré pour les pié-