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Tome II.
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DÉPENSE DE LA NAVIGATION INTÉRIEURE. 311

embarcations de l’un dans l’autre, soit en montant, soit en descendant.On y parvient par le moyen des écluses qui les réunissent.

Une écluse est un ouvrage de maçonnerie qui revêt les deux côtés et lefond d’un canal. Elle est fermée d’une solide porte à deux battants du côtéoù elle reçoit les eaux, et d’une autre porte semblable du côté où elle lesrend. La première se nomme porte d'amont; la seconde, porte d'aval. Ellessont assez distantes l’une de l’autre pour que les plus grands bateaux quinaviguent sur le canal puissent se placer dans la distance qui les sépare.Veut-on faire monter un bateau du bief inférieur au bief supérieur? onferme la porte d’amont qui soutient les eaux supérieures; on fait entrerle bateau dans l’écluse dont l’eau est alors de niveau avec le bief inférieur.Lorsque le bateau est entré, on ferme la porte d’aval, et l’on introduitdans l’écluse les eaux du bief supérieur. Elles entrent dans l’écluse, maisne peuvent se répandre dans le bief inférieur dont la porte est fermée ;elles soulèvent donc le bateau. Du moment que les eaux se sont mises deniveau dans l’écluse et dans le bief supérieur, on en ouvre la porte et l’onfait passer le bateau dans le canal plus élevé où il continue sa route.

Pour faire descendre un bateau du niveau le plus élevé dans un niveauplus bas, il suffit de faire l’inverse de celle manœuvre. On élève l'es eauxde l’écluse au niveau du bief supérieur; on y fait entrer le bateau ; on enferme les portes; on fait écouler les eaux dans le bief inférieur; et quandelles sont baissées au niveau de celui-ci, on en ouvre les portes et le bateauy poursuit son chemin.

Chaque écluse ne pouvant élever ou abaisser ses eaux que d’une toiseou deux, il faut plusieurs écluses successives pour qu’un canal de navi-gation puisse franchir des hauteurs plus considérables; mais aussi, par lemoyen de plusieurs écluses, il n’y a point de hauteurs qu’on ne puissefranchir en bateau, pourvu toutefois qu’on puisse disposer, à l’endroit leplus élevé du canal, d’une quantité d’eau suffisante pour assurer la ma-nœuvre des écluses, et pour remplacer l’eau qui peut se perdre par l’éva-poration et les infiltrations. Ce ne fut pas sans beaucoup de surprise que,montant une colline aux portes de Glasgow, en Écosse, je vis une forêt demâts qui couronnaient la colline. C’était un petit port formé en cet endroitpar le canal qui joint les deux mers au travers de l’Ecosse, et que les An-glais ont nommé Port-Dundas. Les navires que je voyais sur ces hauteursy étaient parvenus au moyen de plusieurs écluses successives.

Les premières écluses que l’on construisit au quinzième siècle étaientassez grandes pour contenir les plus grands bateaux qu’on était dans