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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXIV.
l’usage d’employer sur les rivières entre lesquelles on voulait établir unecommunication. C’est sur ce plan que furent creusés le canal de Briaresous Henri IV, et celui du Midi sous Louis XIV. Mais les grandes éclusessont fort dispendieuses à construire. A chaque manœuvre elles con-somment beaucoup d’eau. Il y a beaucoup de chaînes de hauteurs où Tonpeut, par des rigoles, amener au point de partage une quantité d’eau suffi-sante pour de petites écluses, mais il y en a peu où l’on puisse amener assezd’eau pour les grandes. Il y a donc beaucoup de lieux où Ton peut fairepasser un canal de petite dimension, et qui n’admettraient pas un grandcanal. D’ailleurs, un grand canal enlève plus de terrain à l’agriculture etcoûte plus à creuser. Il paraît en conséquence que le perfectionnement dela navigation intérieure consiste à faire des canaux étroits qui puissents’établir presque partout, et à substituer à de grandes embarcations, tou-jours difficiles à manœuvrer, une suite de bateaux étroits, enchaînés lesuns aux autres, qui puissent se conformer aux sinuosités d’un canal, etpasser les uns après les autres dans de petites écluses. Ou a enfin sentiqu’il était plus sage de faire les embarcations pour les canaux , que lescanaux pour les embarcations, et que les canaux ne doivent être, pourainsi dire, que des roules liquides sur lesquelles les produits du sol et del’industrie puissent glisser sans frottement jusqu’aux lieux où les ap-pellent les besoius des consommateurs.
C’est ainsi qu’on a pu établir des canaux dans des endroits qui n’en au-raient point admis, et les faire passer par-dessus des hauteurs qui, sanscela, auraient été inaccessibles pour eux.
Ce n’est pas tout : on a cherché à en établir dans des lieux où l’on avaitassez d’eau pour remplir des biefs, mais où Ton en avait point assez pouren perdre par le jeu des écluses. On a alors remplacé les écluses par desplans inclinés, garnis de coulisses de fonte sur lesquelles roulent des es-pèces de traîneaux où Ton place un bateau que Ton fait monter par desmoyens mécaniques ; mais outre que ce procédé ne peut être employéque pour de forts petits bateaux et des charges peu considérables, lesAnglais préfèrent maintenant se servir de la machine à vapeur pour re-monter, d’un bief inférieur à un bief supérieur, l’eau qui descend par lejeu des écluses. De celle manière, pourvu qu’on ait à bon compte le com-bustible nécessaire à l’aliment des machines à vapeur, on parvient à établirdes canaux de navigation partout, même où il n’y a pas d’eau ; il ne s’agitque de calculer si le service qu’on tire du canal a plus de valeur que lecombustible que Ton brûle. Or, je vous ferai remarquer que le canal lui-