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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXIV.

Quand les canaux ne nous sont pas offerts gratuitement par la naturodans des rivières navigables, ce sont des travaux d’art en général fortdispendieux. Il faut, à l’aide d’une loi spéciale, en acheter le terrain à sespropriétaires ; il faut en creuser le lit à mains d’hommes; il faut, selon lesoccurrences, faire sauter des rochers, bâtir des aqueducs et des ponts,construire des écluses ; et l'intérêt de ces énormes avances, joint aux fraisde l’entretien du canal, si l’on fait payer le tout aux marchandises quiprennent cette voie, peut en rendre le transport aussi cher que la voie deterre, surtout si des vues fiscales viennent se mêler aux difficultés del’art, si l’on en fait une occasion de lever des droits ou d’exercer desprivilèges, ou bien encore si des réparations malhabiles en interdisentl’usage trop souvent, et trop longtemps. On perd ainsi tout l’avantage dece moyen de communication.

Telle est la réflexion qui peut naître en France à l’aspect de plusieurscanaux de navigation comme celui de Briare, qui sont beaucoup moinsfréquentés qu’ils ne devraient l’être, parce que leur navigation dispen-dieuse 1 ne permettant pas d’établir les marchandises à bas prix, restreintl’usage de celle voie, et par conséquent la production. J’ai déjà cité lahouille de Saint-Étienne en Forez, qui ne coûte que 8 à 10 francs la voiesur le carreau de la mine, et qui, avec les péages, les droits et les fraisde navigation, revient à 60 francs lorsqu’elle est rendue à Paris.

Les frais de confection d’un canal, mêmeles frais indispensables, peuventêtre tels, que les droits de navigation ne soient pas suffisants pour payer lesintérêts de l’avance, quoique les avantages qu’en retirerait la nation fussenttrès supérieurs au montant de ces intérêts. Il faut bien alors que la nationsupporte gratuitement les frais de son établissement, si elle veut jouir dubien qui peut en résulter.

La confection du canal latéral du Rhône, de Lyon à Beaucaire, parexemple, coûterait, suivant les ingénieurs du gouvernement, 38 millions;

prise d’un chemin de fer un caractère bien différent de l’établissement d’uneroute ordinaire ou d’un canal, c’est que l’usage, lorsque ce chemin est terminé,ne peut pas en être donné librement aux riverains et au public ; il faut, de toutenécessité, que l’exploitation reste un monopole pour les propriétaires du cheminlui-même ; Les rainures, ou rails, ne sont, en quelque sorte, qu’une premièrepartie d’une machine dont les roues d’un chariot spécial sont le complément.

(Note de l'éditeur.)

1 L’incommodité et les retards font partie des dépenses d’une navigation,