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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE.

CHAPITRE XXIV.

l'entretenir, peut être faite pour un certain nombre d’années ou à perpé-tuité. L’expérience a fait voir qu’il convient de la faire à perpétuité. Onconserve, on entretient mieux la chose que l’on possède pour toujours etdont le revenu dépend du soin qu’on en prend. L’administration, en nefaisant une concession que pour un temps, se flatte qu’au bout de ce tempsle public jouira sans frais d’un établissement qui sera retombé dans le do-maine public. Ce calcul peut convenir pour un pont au milieu d’une ville;car alors l’abolition du péage est réclamée par une multitude de passants,et elle est un véritable bienfait pour la population. Ailleurs, il est rare quel’on supprime une recette établie, et si la recette est supprimée, il est rareque l’entretien n’cn souffre pas. II n’est pas même sans exemple que larecette soit conservée sans qu’on jouisse d’un clat constant de réparation.

La nation anglaise, dira-lon, a de nombreux canaux, et pour les éta-blir n’a pas mis à contribution le trésor de l’Étal. Presque tous ses ca- :naux ont été creusés aux frais d’entreprises particulières qui n’ont ob- ;tenu du gouvernement d’autre concession que les péages éventuels desnavigateurs. J’en conviens; mais des circonstances heureuses ont favoriséces progrès. La Grande-Bretagne est une île ; elle a un grand développe-ment de côtes et des ports naturels très nombreux ; son territoire est :compacte et les distances y sont rapprochées ; nul grand obstacle naturel *n’en sépare les parties. Des communications plus faciles à établir y ont ,rendu les lumières plus communes ; et les lumières à leur tour ont con-tribué à rendre les communications plus fréquentes et plus parfaites. Lestravaux publics, grâce à une bonne législation, y marchent vite ; et aubout de deux ou trois ans on commence à recueillir les fruits d’une en -Reprise qu’ailleurs trente années ne verraient peut-être pas terminer.Les entreprises y sont en conséquence chargées de moins gros intérêts.

L’Angleterre étant plus généralement industrieuse, et un nouveaucanal traversant toujours des cantons bien cultivés et couverts de manu- ,factures, les débouchés qu’il ouvre, la production qu’il provoque ont de jprompts résultats, et les transports devenant tout de suite plus mulli- jpliés permettent de modérer les péages. j

Enfin, malgré toutes ces circonstances favorables, les canaux de navi- jgalion y rapportent directement de faibles revenus à leurs entrepreneurs, jPeu leur importe : les actionnaires se trouvent presque tous dans le voi- ;sinage du canal, et son dividende est le moindre avantage qu’ils comptent ;en retirer. Le propriétaire foncier prévoit que si le canal vient à traverser json canton, ou même son terrain, celte circonstance doublera la valeur j