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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXX.

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de ses côles et de ses îles. C’est une prétention insoutenable autrementque par la force. Le monde appartient également à tous les hommes, et ilsne peuvent raisonnablement prétendre à aucune possession exclusive, sice n’est sur les parties où ils ont fondé des établissements à demeure.

Par la même raison, les Russes n’ont aucun droit sur la côte nord-ouestde l’Amérique. Il est ridicule que des hommes qui vont pour chasser desphoques ou des loti très marines commencenlpar se pourchasser entre eux.

CHAPITRE XXX.

Des Académies.

Les vérités difficilement accessibles des sciences ne deviennent utilesau public que parleurs applications. Jusque-là elles ne sont la source d’au-cun revenu ; car un revenu ne saurait se trouver ailleurs que dans l’appli-cation de nos connaissances à nos besoins. Les hautes vérités pourraientn’être jamais découvertes, la société perdrait les applications possiblesque l’avenir peut suggérer, si un petit nombre de savants ne se livraientexclusivement à l’investigation des faits et des vérités que présentela nature,et ne les recueillaient sans autre but que de les constater. La société peutfavoriser ce genre de recherches en assurant quelque récompense auxsavants, et eu leur offrant de faciles moyens de se communiquer leursobservations et d’en découvrir ainsi la liaison et les conséquences.

De là peut se déduire l’utilité des académies. Si l’avantage que la sociétéen retire est incertain, la dépense qu’elle fait à cette occasion n’est pasconsidérable; car les encouragements véritablement utiles qu’elle distribuede celle manière, si les abus ne s’en mêlent pas, portent nécessairementsur un bien petit nombre d’hommes.

Je donne le nom d’abus aux sacrifices que fait la société sans obtenir lafin qu’elle se propose. Depuis deux cents ans que nous avons des acadé-mies en France, on s’est plaint de leur médiocrité et du peu d’éclat qu’ellesont eu. On les a accusées d’être plus amies du pouvoir qui distribue desgrâces que de la vérité qui n’a rien à donner ; de préférer aux roulesnouvelles qui ne sont pas exemptes de dangers les chemins battus où Toune risque pas de se compromettre. On a dit que le respect des convenancesétait à leurs yeux le premier des mérites, et que ce mérite est à la portéedes esprits les plus vulgaires; on les a accusées en conséquence de se