DES ESSAIS DANS LES ARTS.
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i chine construite exactement sur le même plan, et nous ne savons com-plètement quel en sera l’effet qu’après l’avoir éprouvé pendant un tempsassez prolongé.
Il n’est pas douteux que des expériences entreprises aux frais du gou-vernement, et qui ne seraient au fond que des appendices de celles qu’onfait pour l’avancement des sciences, ne fussent dans bien des cas d’ungrand service aux manufactures.
Dans l’industrie commerciale les essais sont également ruineux pour lesparticuliers. Un négociant part pour l’Amérique avec une pacotille, il em-porte autant qu’il peut des marchandises dont il suppose la vente faciledans les pays où il doit aborder ; mais s’il essaie déporter quelques articlessur le débit desquels on n’ait aucune expérience, sa tentative n’est fondéeque sur la présomption de Tutilité que ces produits pourront avoir dans| ces pays lointains, et sa présomption peut être déjouée par l’évènement.
Les essais de ce genre seraient excessivement dispendieux et incertains,
, si Ton devait armer des navires et entreprendre de longs voyages, uni-. quement pour tenter de nouveaux commerces, pour se lier avec des na-i lions lointaines, pour connaître leurs besoins, leurs produits, et établirs des échanges. Une fois les relations établies, tout le monde y viendrait: prendre part. Les premiers aventuriers feraient tous les frais, courraient
tous les risques, et ne recueilleraient qu’une faible partie des avantages.Il ne faut donc pas être surpris que presque tous les voyages de décou-vertes se fassent aux frais des gouvernements. De tous les gouvernements,celui qui fait le moins d’avances en faveur de l’industrie, le gouvernementanglais, est celui qui fait le plus de dépenses en découvertes. Ce qui con-tredit, au moins à cet égard, l’assertion qu’il se borne à protéger les effortsi des particuliers sans les provoquer. Un voyage de découvertes est unei véritable avance dont les particuliers retirent les fruits. Les végétaux ets les animaux que les voyageurs lointains rapportent et cherchent à natu-! raliser dans leur patrie peuvent passer pour des résultats d’essais agri-| coles ; de sorte qu’un grand voyage est à la fois un progrès pour les sciences,I et un essai pour l’agriculture et pour le commerce.
| Les Anglais s’autorisent de la prépondérance dont leur marine a joui? jusqu’à présent, pour écarter des contrées qu’ils ont découvertes les com-; merçanls des autres nations. Us se sont môme opposés à la pêche desI phoques dans les parages qui entourent la Nouvelle-Hollande, quoiquecette cinquième partie du monde ail été découverte par les Hollandais, etque des navigateurs français aient exploré les premiers une grande partie