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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE.

CHAPITRE XXX.

sonnais sont formées, et qui ne peuvent s’enrichir et se perfectionnerqu’en suivant leur propre génie. Le grec et le latin font les délices de ceuxqui cultivent les lettres. J’en conviens; mais la musique fait aussi les dé-lices de ceux qui l’ont apprise avec succès. De vains amusements eux-mêmes, les échecs et le billard, font les délices de ceux qui savent cesjeux-là. Est-ce une raison pour employer à les apprendre les cinq ou sixplus belles années de notre courte existence, et de leur consacrer des ins-titutions nationales? Il y a sans doute de l’esprit de routine et du préjugédans l’importance que Ton met aux éludes classiques; mais j’aime qu’onles cultive comme connaissances de luxe, et comme étant la source desijalaisirs les plus délicats et les moins dangereux.

Je doute que les académies des beaux-arts contribuent beaucoup à leurperfection. Les académies ne font pas les grands maîtres. Les arts d’agré-ment contribuent aux plaisirs, quelquefois à la fortune et même à lagloire de ceux qui les cultivent. Ces motifs suffisent à leur encouragement.Une nation qui attire dans celte carrière un trop grand nombre d’élèvesne fait rien pour sa prospérité 1 , et il est douteux qu’elle rende serviceaux élèves eux-mêmes.

Nous avons vu, messieurs, quels secours la société peut attendre dessociétés savantes où Ton s’occupe de l’avancement de nos connaissancespositives. Elles sont en outre appelées à remplir quelques fonctions utilesau public. Elles peuvent éclairer le gouvernement lorsqu’il est appelé àprendre une décision qui suppose des connaissances supérieures à cellesdes gens du monde, les seules qu’on puisse raisonnablement attendre del’administration. C’est ainsi qu’une académie peut rédiger les instructionsque Ton donnera aux chefs d’un voyage lointain ou de toute autre expé-dition scientifique. Elle peut donner son avis sur la préférence que mériteune machine hydraulique. Les ministres se croient assez instruits pouradopter un plan de finances, un grand établissement d’utilité publique;cependant, on a vu si souvent échouer des mesures de ce genre, même

1 II est même douteux que les encouragements donnés aux beaux-arts serventà former le goût d’une nation. 11 est peu de pays au monde où les arts du dessinet la musique soient cultivés avec plus de succès qu’en France : empêchent-ilsque les vêtements, les logements, les plaisirs des sept huitièmes du peuple, ysoient absolument dépourvus d’élégance? Les chants populaires, la justesse dessons, offensent-ils l’oreille moins fréquemment?