DES ACADÉMIES.
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dans les cas où la bonne foi de l’administration n’était pas suspecte, quel’on peut supposer que des lumières spéciales en économie politique au-raient pu l’avertir des obstacles et même des écueils où devaient se briserses efforts.
L’économie politique faisait partie de la classe des sciences morales etpolitiques dans la première formation de l’Institut de France. Celte sciencene reposait peut-être pas encore sur la seule base solide qu’elle puisse avoir .-ta connaissance intime des ressorts de la société 1 . C’était un motif de pluspour conserver celte classe. Malheureusement la France devint la proied’un maître absolu qui lie savait pas que le sabre est impuissant contrela nature des choses sociales, aussi bien que contre la nature des chosesphysiques 2 : il ne vit dans une académie oit les phénomènes que présentele corps social seraient étudiés, discutés dans leurs causes et leurs résul-tats, qu’une société de censure, et non un auxiliaire propre à éclairer lamarche des hommes d’Élat. Elle fut supprimée par lui, et ne sera réta-blie que par un gouvernement qui, sincère ami du bien public, sera ja-loux de placer la France à la tête de la civilisation 3 * 5 .
Les académies peuvent encore remplir les fonctions d’un jury spécial etdistribuer les prix que le gouvernement ou les particuliers jugent à propos
1 J’ai établi la solidité de ces bases dans les Considérations générales quiouvrent le premier tome de cet ouvrage. Elles ne sont pas moins inébranlablesque la plupart des faits et des conséquences que font connaître les sciences na-turelles. Quant à leur importance, on ne persuadera pas à quiconque jouit deson bon sens, qu’il soit moins utile à l’humanité d’étudier l’organisation socialeque l’organisation d’une mouche.
2 Son éclatant désastre en est la preuve. Nul événement historique ne futmoins le résultat de causes fortuites. D’ailleurs, les causes fortuites sont occa-
sionnelles et non efficientes; elles peuvent avancer ou retarder un événement;mais lorsqu’on l’a rendu inévitable, il ne saurait manquer d’arriver tôt ou tard.
Or, il est facile de prouver à ceux qui ne sont pas étrangers aux sciences mo-rales et politiques, que le système de Napoléon ne pouvait pas avoir un autrerésultat que sa chute. L’intérêt des sociétés est la première des connaissancesde l’homme d'État. Bonaparte y était demeuré étranger.
5 Cette classe a été en effet rétablie après la révolution de 1S30 ; mais l’auteurest mort sans en avoir fait partie, et, comme l’a dit M. Alexandre de Labordesur sa tombe, l’Académie des Sciences morales et politiques a été veuve de luiavant de l’avoir possédé. ■Note de l'éditeur.