DES RÉCOMPENSES NATIONALES.
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1° Les valeurs pécuniaires, ou l’argent;
2° L’honneur ;
3° Le pouvoir ;
4° Les exemptions.
Sous le rapport économique, ce qu’il convient d’examiner, c’est l’effica-cité de chacun de ces moyens de récompense ; ce qu’ils coûtent à la sociétéqui les donne, et quelle est la manière de les distribuer qui répond lemieux à leur but.
En distribuant des récompenses pécuniaires, on distribue toutes lesjouissances que les hommes peuvent se procurer avec de l’argent; et parlà on donne à chacun l’espèce de jouissances qu’ils préfère : à l’hommesensuel les plaisirs des sens; à celui que la vanité domine on fournil lesmoyens de briller; on procure à l’homme avide de connaissances lesmoyens de s’instruire ; à l’homme bienfaisant des bienfaits à répandre. Delà celle grande efficacité remarquée dans les récompenses pécuniaires.Employées dans un mauvais but et par les mauvais princes, il n’y a pasde jugements iniques, il n’y a pas de forfaits qu’on n’obtienne par leurmoyen; ce qui nous montre les fruits qu’on en pourrait attendre si ellesétaient toujours distribuées dans un bon but.
Elles ont l’avantage de pouvoir se proportionner exactement au méritede l’action que l’on veut récompenser, de même qu’aux efforts qu’elle a dûcoûter ; mais elles ne se proportionnent pas aussi bien aux besoins decelui qui les mérite. Telle somme sera reçue avec joie par un artisan, quisera dédaignée par un homme riche et repoussée par celui qui fait unecertaine figure dans le monde.
Les déclamateurs prétendent que la vertu se dégrade en recevant del’argent ; ils s’appuient ainsi sur un préjugé pour le fortifier. Le négociantse dégrade-t-il en recevant une commission ? le magistrat, le médecin, entouchant leurs honoraires? La honte consiste à recevoir de l’argent pourune mauvaise action ; mais alors ce n’est pas l’argent qui déshonore : c’estle motif pour lequel on le reçoit. Qu’on se dégrade en recevant les bien-faits d’un pouvoir corrupteur, rien de plus juste. Mais que les récompensespécuniaires aillent chercher les bonnes actions; elles n’auront rien qued’honorable.
On s’imagine que les récompenses purement honorifiques ne coûtentrien à la société. Mais qu’on y prenne garde : un litre de noblesse, unedécoration , ne relèvent pas un homme sans rabaisser les autres. Toute