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Tome II.
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HUITIÈME PARTIE. - CHAPITRE IV.

que les partisans de Quesnay étaient d’avis que les impôts retombent entotalité sur les propriétaires des terres. Toute autre industrie, disaient-ils,n’opère que des transformations; la terre seule produit une valeur nou-velle; rien, par conséquent, si ce n’est la terre, ne peut fournir la valeurque l’impôt réclame de nouveau chaque année. Si vous mettez un impôtsur les toiles, le tisserand, se trouvant forcé par la concurrence à se con-tenter des profits qui peuvent l’entretenir dans sa profession, ne peut lacontinuer qu’autanl qu’il retiendra, sur le cultivateur du lin, le montantde l’impôt sur les toiles. Le cultivateur, à son tour, 11e peut continuer sonmétier sans retenir le même impôt sur le propriétaire foncier qui, nepouvant le faire payer à aucun autre, en supportera tout le fais.

David Ricardo et ses partisans, au contraire, partant de celte supposi-tion que, toutes choses d’ailleurs égales, les capitaux s’appliquent toujoursà l’industrie qui rend les plus gros profils, prétendent qu’un impôt surun objet manufacturé est entièrement payé par le consommateur; car sile prix de l’objet, disent-ils, 11e s’élevait pas à un taux suffisant pour payerla totalité de l’impôt, le fabricant appliquerait ses capitaux à une autreproduction .

Toute opinion trop absolue à cet égard me semble téméraire. Il n’estprobablement aucune espèce de contribution qui 11e retombe sur plusieursclasses de citoyens, et dans des proportions qui varient, non seulement enraison des différents impôts, mais en raison de la position particulière dechaque contribuable et des circonstances générales et très variables oùse trouve la société. Ces circonstances ne sont pas toujours accidentelles;il en est qui durent autant que les nations elles-mêmes; telle profession ades désavantages constants relativement à ses rapports avec le fisc,comme les marchands de boissons, et il ne paraît pas que leurs bénéficessoient proportionnés à leurs tribulations. La nature de l’impôt, la naturede l’homme ne peuvent fournir qu’un petit nombre d’indications générales

* Ricardo : VrinrJples of polilical cconomy and taxation , chap. 17 . Le tort decette école est de considérer chaque principe trop absolument', et, après l’avoirénoncé sous la forme d’un théorème, d’en tirer des conséquences rigoureuses,qui, très souvent, ne cadrent pas avec les faits. Il est très vrai que les capitauxcherchent à s’employer dans les occupations qui rendent le plus, et il n’est pasmoins vrai que les capitaux rendent des profils très divers. Les profits indus-triels sont plus divers encore, quoiqu’on soit libre, en thèse générale, d’appli-quer son industrie à la production la plus lucrative.