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HUITIEME PARTIE. — CHAPITRE V.
entre la valeur vénale et la valeur locative de la propriété taxée. Dansune certaine situation, un bien de la valeur de trente mille francs ne rap-porte que mille francs, tandis qu’il rapporterait aisément quinze centsfrancs dans d’autres circonstances. La monnaie qui sert aux évaluationsvarie de son côté. Somme toute, il est certain que les cadastres sont desopérations dispendieuses, et il n’est pas également certain qu’elles soientutiles dans la pratique.
Comme il convient que toutes les industries soient taxées dans un rap-port quelconque avec ce qu’elles rapportent, de même que leurs instru-ments qui sont les capitaux et les terres, bien des sources de revenus neseraient pas taxées ou le seraient imparfaitement avec un impôt unique,un impôt qui ne reposerait que sur une seule base. Il convient que cesbases soient assez multipliées pour que les producteurs 1 qui ne seraientpas atteints par un impôt puissent l’être par un autre.
L’instinct fiscal de la plupart des gouvernements l’a emporté à cet égardsur les idées systématiques. Leurs tributs ont pu s’élever d’autant plusqu’ils ont di\ • r-dtié davantage les impôts ; mais quelque habiles que leursfinanciers aient été jusqu’ici, il sont encore loin, dans quelque pays quece soit, d’avoir atteint, et surtout d’avoir atteint dans une équitable pro-portion, tous les revenus de la société.
Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Je n’oserais décider la question. Lors-qu’un revenu se trouve surchargé outre mesure, les réclamations contrela surcharge se multiplient ; l’impôt rend moins que s’il était plus modéré;et, un peu plus tôt, un peu plus tard, les répartiteurs entendent raison.En attendant, les revenus qui contribuent en moins forte proportion segardent de réclamer. S’ils étaient tous également grevés, les revenuspaieraient au total une contribution plus forte, et nul n’aurait ce motif dese plaindre, savoir qu’il est surchargé.
11 ne convient cependant pas que la modération du fisc aille pour lesrevenus jusqu’à l’exemption complète, comme il arrive pour les rentessur l’État. M. de Tracy regarde ce genre de contribution comme le meil-leur de tous 2 . Seulement il le regarde en même temps comme une ban-queroute. Je ne partage pas ce scrupule. C’est pour un capitaliste un pla-
1 Ne perdons pas de vue que, dans le langage de l’économie politique expéri-mentale, on est producteur, non-seulement par son industrie, mais par les ins-truments que Ton fournit à l’industrie (les capitaux et les terres).
9 Eléments d'idéologie , tome IV, page 456.