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Tome II.
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HUITIÈME PARTIE. — CHAPITRE X.

tement affirme que tous les impôts retombent sur les terres. D’autres,sous couleur que le travail seul est productif, ont pensé que c’était l’indus-trie qui supporte principalement le fardeau des impôts, et que l’impôtsur les terres équivaut à la confiscation d’une partie du fonds. Quelques-uns ont pensé que les impôts sur les objets de luxe étaient payés en entierpar leurs consommateurs. Sans nier que les consommateurs en payassentune forte part, d’autres ont été d’avis que les producteurs des objets deluxe ne pouvaient entièrement s’y soustraire ; d’autres encore ont soutenuque tous les impôts étaient bons pourvu qu’ils fussent anciens, et qu’iln’en était pas un qui, avec le temps, ue se répartît équitablement sur tousles citoyens. Tous se sont fondés sur de bonnes raisons, et, sous le pointde vue qu’ils envisageaient, peut-être aucun d’entre eux n’avait lout-à-failtort ; le reproche qu’on peut leur faire, c’est d’avoir étendu à tous les casdes effets particuliers à un petit nombre d’entre eux. Pour ne pas encourirle même reproche, je laisserai à ceux de vous, messieurs, qui se sont bienpénétrés des lois véritablement fondamentales, le soin d’en faire l’appli-cation aux cas particuliers dont ils voudront porter un jugement.

CHAPITRE X.

De l’influence de l’impôt sur la production.

Il n’est pas de mauvaise cause qui n’ait eu ses avocats. Un écrivainanglais, dont je ne me permets pas de suspecter les intentions, a pris sys-tématiquement la défense des grandes dépenses publiques et des gros im-pôts'. Il est bon, dit-il, que le peuple apprenne à supporter de fortescharges, afin qu’il subvienne au besoin à la défense du pays, afin que legouvernement puisse améliorer les institutions, récompenser les services,encourager les sciences, les lettres et les arts.

Garnier, dans sa préface d’Adam Smith (page Ixviij), dit qu’il est bonque la classe laborieuse, après avoir travaillé assez pour subvenir à sesbesoins, travaille encore pour satisfaire à ceux des personnes que nourritl’impôt. D’autres écrivains encore qui, pour la plupart, tiennent, dumoins par leurs espérances, à l’administration, soutiennent la même thèse,— Pour combattre ces auteurs, messieurs, il faut tenir pour vrai ce qu’ils

M. John Bristed, dans ses Ressources de l'empire britannique.