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Tome II.
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HUITIÈME PARTIE. - CHAPITRE X.

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T 1comme celle des nègres dans les colonies. Les formes sont différentes, S

j’en conviens; mais il n’y a que la différence qui peut se trouver entre le i

fouet et la prison.

Au reste, ces effets ne se montrent dans toute leur rigueur que parmiceux des producteurs qui, n’ayant d’autres fonds productifs que leur tra-vail, sont obligés de payer de leur personne. Beaucoup de familles pos-sèdent en outre quelques biens-fonds ou quelque capital qu’elles tiennent !soit de leurs familles, soit de leurs alliances, et, joignant quelques revenus ià celui de leur travail, peuvent mener une vie plus supportable. Si jamais jîa nation anglaise est véritablement représentée, si jamais les producteurs iont la jouissance de ce qui est légitimement à eux, je veux dire des fruits jde leur travail, ils éprouveront un grand bien-être en jouissant des per-fectionnements que leur a suggérés une dure nécessité.

Les exacteurs de l’ancien gouvernement de France avaient coutumede dire : Il faut que le paysan soit pauvre ; c’est le seul moyen pour qu’ilne soit pas paresseux. Etcnmême temps je lisais dans M. Necker, qui le jsavait bien, puisqu’il avait administré les finances : « Si les collecteurs de J« la taille et des vingtièmes n’avaient pas soin de veiller sur les moments '« où la plupart des habitants de leur paroisse viennent de faire une vente ,« et ont reçu quelque argent, ils ne parviendraient jamais à se faire :« payer 1 . » Comment n’auraient-ils pas été paresseux? Ils ne pouvaientpas jouir en paix du fruit de leurs travaux. S’ils élevaient quelques bes-tiaux, s’ils engraissaient leur champ, s’ils augmentaient le nombre de jleurs outils aratoires, s’ils appropriaient et embellissaient un peu leur ha- jbitation, aussitôt leur quote était augmentée. Dès lors, point d’émulation jpour amasser un petit capital, un petit fonds de meubles et d’ustensiles, jLes mœurs se forment sur cette impossibilité. Le paysan s’habitue à la vie ;des brutes; il devient indifférent aux goûts qui caractérisent l’homme civi- jlisé; et nous avons l’explication de ce qui frappe nos yeux dansnos voyages.

Ces tristes conséquences, je le répète, ne sont pas universelles; ce quil’est, ce qui est la conséquence inévitable de l’impôt, c’est d’accroître lesfrais de production, d’où résulte une augmentation de prix et une réduc-tion dans la quantité produite. Ilicardo et ses partisans m’opposent queles fraissonl remboursés par les consommateurs, et que l’impôt ne diminuepas leur nombre; caria consommation de ceux qui viveul de l’impôt, rem-place celle que les contribuables sont obligés de s’interdire. Mais on a vu

* Administration des finances, tome 1, page 171.