I)E LA MORALITÉ DE L’IMPOT.
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dérable sur les énormes perruques des hommes de son temps, objet à lafois incommode et dispendieux. Cet impôt n’aurait pas fait entrer degrosses sommes dans le fisc ; mais on pourrait citer beaucoup d’autresconsommations inutiles et même dangereuses qu’il serait possible d’at-teindre ; et quand le gouvernement est économe, les plus faibles rentréesne sont pas méprisables.
Il est superflu de faire sentir le tort que les loteries font à une nation.Il suffit de dire que les législateurs qui sanctionnent un pareil impôtvolent un certain nombre de vols et de suicides tous les ans. Il n’est au-cun prétexte de dépense qui autorise la provocation au crime.
Les impôts qui ont pour objet de préconiser des superstitions fâcheusesont d’autres conséquences également funestes. C’est mettre une amendesur des actions utiles, celles qui coopèrent à la production, pour multipliercelles qui sont nuisibles à la société
L’impôt est encore coupable des mensonges, des fausses déclarationsqu’il provoque”.
' Aux époques où la nation française avait le moins de confiance dans l'ad-ministration, tous les ministres disposaient de sommes considérables pour en-courager et répandre les journaux et les écrits les plus contraires à ses véritablesintérêts.
3 M. Ferrier cite un exemple assez curieux d’une fraude provoquée par leshauts droits perçus sur le sucre. On visite assez négligemment les marchandisesexpédiées de France pour un autre port de France. Des expéditeurs déclarent àla douane de Rouen, par exemple, un certain nombre de barriques de sucre pourBordeaux. Au lieu de sucre, les barriques contiennent des marchandises dontla sortie est prohibée, telles que du blé, des chiffons ; on leur remet, suivantl’usage, une expédition indicative de ces barriques qui sont autorisées à rentrersans payer de droits. Le navire dépose la marchandise à Jersey, et prend enéchange une pareille quantité de sucre qu’il introduit par une double fraude àBordeaux, sans droits, au moyen de son expédition de Rouen.