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HUITIEME PARTIE.
CHAPITRE XII.
plus utilement placés, quoique à un moindre intérêt, dans des entreprisesparticulières, des fonds qui contribueraient toujours mieux au bien-êtrede la société, s’ils s’appliquaient à des consommations lentes, à des dé-penses durables, à des améliorations d’habitation, de meubles, de biblio-thèques; à des placements enfin dont le revenu serait futilité ou l’agré-ment des familles
Mais quand il serait vrai que la facilité qu’on vous offre de placer vosaccumulations en provoquât quelques-unes, quel avantage en résullc-t—ilpour la société si ces accumulations ne sont faites que pour être anéanties?— Le propriétaire d’un capital placé en rentes le retrouve au besoin, dit-on, lorsqu’il veut l’employer produclivcmenl. — Non , il ne le retrouveplus : il rencontre un autre capitaliste qui juge à propos de se substituerau premier, en acquérant son intérêt dans les fonds publics. Si le pre-mier de ces deux capitaux devient disponible en faveur de la production,l’autre cesse de l’être.
' Je ne me dissimule pas que les placements lucratifs présentent de grandesdifficultés; que beaucoup de gens, surtout dans les provinces, ne savent placerqu’en terre et en maisons ; et que de tels placements ne sont pas illimités. Lesplacements qui sont destinés à féconder l’industrie sont presque sans bornes;mais, pourles faire avec succès, il faut connaître les ressources de l’industrie etles besoins de la société ; or, ces connaissances ne se trouvent pas dans les paysretardés ; c’est ce qui m’a souvent donné lieu de gémir sur le défaut d’instructiondes peuples.
Quant aux gens très riches, et qui, après avoir beaucoup placé, ont chaqueannée de nouveaux placements à faire, on a lieu d’èlre surpris que, déjà posses-seurs de revenus plus que suffisants pour contenter tous les goûts , ils ne dis-posent pas plus souvent de leurs nouvelles économies pour acquérir une espècede revenu que l’on peut toujours obtenir avec de gros fonds : je veux dire laconsidération publique. Un homme riche, indépendamment de l’exercice de labienfaisance qui n’a point de fâcheux résultats lorsqu’elle répare des maux queles secours ne peuvent pas multiplier, comme ceux que l’on donne aux aveugles,etc., 11e peut-il pas élever un monument utile, un aqueduc, une fontaine? Il estvrai qu’il faut que la législation le favorise, et qu’il ne soit pas contrarié parl’administration. Ces sortes d’établissements ne devraient dépendre que des com-munes et nullement de l’administration centrale; et l’administration des com-munes devrait être nommée par elles-mêmes. Tout établissement public dû àun fondateur particulier devrait porter son nom. Ce titre de noblesse ne seraitpas sans utilité.