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Tome II.
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DE LA NATURE DES EMPRUNTS.

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Les effets publics favorisent la circulation, dit-on ailleurs; mais il y ades circulations oiseuses, nuisibles, aussi bien que des circulations utiles.On est trop porté à prendre ce mot en bonne part et sans se rendre raisonde ce qu’il signifie. Dans l’économie des nations, ce qu’on entend par lemol de circulation est le passage de la monnaie ou des marchandisesd’une main dans une autre par voie d’échange. On s’imagine que le corpssocial a d’autant plus de vie et de santé, que la circulation des valeurs estplus générale et plus rapide. Oui, quand celle circulation sert à la con-fection des produits. Non, quand elle n’ajoute à l’objet qui circule aucuneutilité, aucune valeur nouvelle'.

Lorsqu’un raffineur achète du sucre brut pour en faire du sucre enpain, il est avantageux pour la société, aussi bien que pour lui-même,qu’il exécute cet achat aussitôt qu’il a des fonds disponibles ; il est avan-tageux que les opérations de sa fabrique s’exécutent rapidement, et qu’ilvende ses produits aussitôt que terminés, afin de pouvoir recommencerplus tôt à créer de nouveaux produits. Son capital étant moins longtempsoccupé, ses frais de production sont moins considérables ; le consomma-teur acquiert le produit à meilleur marché, sans que les gains du manu-facturier s’en trouvent altérés. Voilà une circulation favorable et dontl’activité est un indice de prospérité. Mais quand on agiote sur le sucre,quand on l’achète et qu’on le revend, sans rien ajouter au mérite de celtedenrée, une telle circulation est funeste à la prospérité publique. Si ellene renchérit pas le sucre, elle cause une perle à ceux qui se sont livrés àun travail sans fruit ; si elle le renchérit, elle cause une perte au consom-mateur qui paie un prix additionnel sans recevoir une utilité nouvelle.

Or, une telle circulation est celle qui s’opère sur les fonds publics.Semblable à celle des jetons sur une table de jeu, elle ne procure aucungain sans causer une perte équivalente ; et les intérêts des capitaux qu’ony emploie sont une perte pour les capitalistes et pour les industrieux,dont ils pouvaient favoriser les conceptions et l’activité.

On a dit encore que les emprunts, en fournissant aux capitalistes unemploi de leurs fonds, empêchent qu’ils ne les envoient dans l’étranger.'—Eh ! qu’on les laisse aller dans l’étranger plutôt que de grever nos contri-buables! Quand nos capitaux vont ati-dehors, c’est notre nation qui entouche les intérêts, et c’est l’étranger qui les paie. Ce capital national n’est

' Voyez les Principes fondamentaux de l’industrie commerciale. Partie II,chap. 13 de cet ouvrage.