DE LA NATURE DES EMPRUNTS.
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Les doctrines que je signale ont mis à l’aise la conscience des gouver-nements emprunteurs ; elles ont puissamment secondé chez les peuplesl’amour de la domination et de la guerre ; en facilitant l’excès des dépensespubliques, elles ont favorisé l’insatiable avidité des gens en faveur, l'amourdes plaisirs sensuels et les entreprises du pouvoir. Il est si doux de dépen-ser l’argent que des prêteurs apportent en foule, et, tout en se livrant àde scandaleuses prol'usious, de pouvoir se dire : Nous sommes d'habilesgens ,• nous travaillons à la prospérité nationale : des gens du métier nousl'ont dit.
On doit considérer comme des emprunts publics toutes les manièresde lever de l’argent, lorsque l’État contracte en même temps l’engagementde reconnaître, soit par un remboursement intégral, soit par des renjtes,soit par des annuités 1 , soit par des traitements, soit par les lots d’uneloterie, l’argent qu’on lui a confié.
Steuard est dans l’erreur ‘‘ lorsqu’il ne fait remonter qu’à François I erles premiers emprunts du gouvernement français. On voit, par un régle-ment que fit Sully, en 1604, pour mettre de l’ordre dans les dépenses, quel’on payait encore des rentes créées en 1375 par Charles V. François I ercréa des rentes portant 8 1/3 pour cent d’intérêt pour faire la guerro en
encore que les impôts ne les ont augmentés. Dans l’Angleterre, on a suppriméles jachères, on a perfectionné les races de bestiaux, on a beaucoup plus cultivéles pommas de terre, on a employé plusieurs machines expéditives. Dans lesmanufactures, on a introduit des matières nouvelles et des machines puissantes,notamment la machine à vapeur, et perfectionné l’administration des entreprises.Dans l’industrie commerciale, on a facilité les communications, amélioré leschemins et creusé les canaux. Les voyages de long cours sont devenus plus ra-pides, des ports ontété creusés, etc. Enfin l’Angleterre a joui, pendant la guerre,de plusieurs monopoles de fait; plusieurs des fautes mêmes de son gouverne-ment ont favorisé son industrie : la banqueroute partielle de son papier-monnaiea diminué d’un côté les intérêts de sa dette, tandis que ses emprunts l’augmen-taient d’un autre côté; la baisse de son change, et les subsides que son gouver-nement payait à l’étranger, ont favorisé ses exportations ; beaucoup d’autrescauses moins évidentes ont ainsi produit les effets qu’on a un peu ridiculementattribués jux impôts et aux emprunts.
1 Une annuité est une rente annuelle qui comprend chaque année le rembourrsement d’une partie du principal.
2 Tome II, page 377.