HUITIÈME PARTIE.
CHAPITRE XII.
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Italie où il fut fait prisonnier. Il fallut en créer d’autres pour le tirer de \prison ; il obligea d’autorité ses officiers, les conseillers dans les parlements, ,à lui prêter pour les besoins de l’État-, et ce fut la première origine de la ;vénalité des charges, l’une des plaies de ce royaume, qui fut confirmée et :et sanctionnée par Charles IX ’. La vente des grades militaires, qui con- ;feraient de l’avancement, et des emploi de finances, qui procuraient desgains de plus d’un genre, souffrit enaore moins de difficultés. Les intérêtsde ces espèces d’emprunts étaient payés sous le nom d’émoluments.
Sully n’emprunta point ; il fit au contraire des économies ; mais aussitôtaprès lui, le gouvernement français, entre les mains de Richelieu, reprit ■le cours de ses profusions; cl, d’emprunts en banqueroutes, est arrivé fjusqu’ù'nos jours.
Lapuparl des gouvernements paraissent avoir abandonné les empruntsà fonds perdus, en rentes viagères et en tontines; et, en effet, ils sont ex-trêmement onéreux pour l’emprunteur. Les gouvernements, comme les jparticuliers, en prenant un engagement destiné à durer autant que la vie <de l’homme, en calculent la durée d’après les tables générales de morta-lité de toute une population. Ils ne font pas attention que les gens qui jplacent un capital pour qu’on leur en serve l’intérêt pendant une vie quel-conque, le placent sur une tête choisie, sur une personne qui, par son jâge, par son sexe, son genre de vie, sa fortune, doit vivre plus longtemps jqu’un individu pris au hasard dans toute la population, et plus exposé à jtous les risques inhérents à l’humanité et à la mauvaise fortune. Des ob-servations récentes ont prouvé que l’on vit plus longtemps dans la pre-mière de ces classes que dans les autres'. C’est un exemple des erreurs oùl’on peut être entraîné par des faits et des chiffres quand on n’y jointpas le raisonnement. j
Quand le gouvernement inscrit le nom de ses créanciers sur un registreconservé au trésor public, et leur promet un intérêt perpétuel de 3, 4, ouS pour cent sur les sommes qu’ils y ont déposées, ou qu’ils sont censésy avoir déposées, la dette qui en résulte pour l’État se nomme dette con-solidée. Les prêteurs peuvent transmettre leurs créances à d’autres prê-teurs dont ils font substituer les noms aux leurs. On leur donne un certi-ficat de leur inscription au livre de la dette publique.
1 Hénault : Abrigé chronologique de l’Histoire de France.
2 Voyez un Mémoire de M, L. R. Villermé, communiqué à l’Institut.