DE LA NATURE DES EMPRUNTS.
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Eu France, les intérêts de ces inscriptions sont payés par semestres; enAngleterre, ils le sont par trimestres. Peut-être ferait-on bien d’adopterpartout celle dernière méthode; car si l’on réserve pendant le cours desix mois une partie de l’argent des contributions pour les rentes qu’ilfaut acquitter à la fin du semestre, ou perd beaucoup d’intérêts, et l’onrisque d’appliquer à d’autres usages l’argent qu’on réservait pour ce ser-vice. Quand on ne met pas cet argent en réserve, on est obligé de vendredes bons du trésor pour se le procurer, et, dans ce cas, on ajoute à l’intérêtd’une dette consolidée les intérêts d’une dette lloltanle. D’ailleurs, il estcommode pour les rentiers de recevoir leur rente en quatre paiementsplutôt qu’en deux'.
Quand le trésor public, ou toute autre administration générale, émetdes promesses à terme (des bons du trésor, de la marine), et les négocieà des prêteurs qui retiennent le montant de l’intérêt (l’escompte), la dettese nomme, à l’imitation d’une expression anglaise, dette flottante \ Lesbons que l’on fait souscrire aux receveurs des impôts, à compte sur lesrentrées qu’ils doivent avoir, sont du même genre. Les dettes qui eu ré-sultent font partie de la dette consolidée quand, au lieu d’acquitter lesbillets échus en négociant de nouveaux billets, on les acquitte au moyende la vente que Ton fait de nouvelles inscriptions au grand livre.
Il est évident que si l’État s’assujettissait à ne dépenser le montant del’impôt qu’après que l’impôt est entré dans scs coffres, il épargnerait l'in-térêt de la dette flottante, intérêt qui s’est élevé en France, dans certainesaimées, à plus de vingt millions, ce qui suppose un capital de quatre centsmillions. Ces anticipations à des époques de paix, où les récoltes ont étébonnes et l’industrie florissante, annoncent un défaut d’économie qui ac-cuse la facilité qu’ont les gouvernements de dépenser, non seulement leursrevenus réguliers, mais tout l’argent qu’ils peuvent trouver, à quelquelitre que ce soit; disposition qui, si elle n’est pas contenue par un systèmereprésentatif réel et sévère, n’a de bornes que la banqueroute.
1 Pour avoir moins de rentiers à servir à la fois, et payer les rentes à mesurequ’on reçoit l’impôt, on pourrait partager les rentiers en trois séries, dont l’uneserait payée le premier, le quatrième, le septième et le dixième mois de Tannée;l’autre, le second, le cinquième, le huitième et le onzième mois, etc. Le travailj serait plus divisé, et les sommes plus facilement rassemblées.
* Peut-être parce qu’elle flotte entre de certaines limites, selon que les mi-nistres négocient plus ou moins de leurs billets à échéance.