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Tome II.
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HUITIÈME PARTIE. - CHAPITRE XIII.

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CHAPITRE XIII.

Du crédit public et de ses bases.

Le crédit public, comme le crédit personnel, consiste dans la fermepersuation où est le public, que le débiteur (qui est l’État), s’acquitterafidèlement des engagements qu’il a contractés envers scs créanciers. C’estseulement alors que des prêteurs mettent volontiers leurs capitaux à sadisposition et se contentent d’un intérêt modéré. Le prêteur fait une avanceparce qu’il est certain de pouvoir rentrer dans ses fonds ; et il se contented’un modique intérêt, parce qu’il ne se croit pas obligé d’y ajouter uneprime d’assurance qui le dédommage du risque de tout perdre ’. 1

C’est ainsi qu’un Etat, quand il jouit d’un bon crédit, outre l’avantage !de trouver de l’argent au moment du besoin, paie un intérêt moins fort,et, avec une moindre somme d’intérêts, dispose d’un principal plus con-sidérable.

Pour que le crédit de l’État soit stable, il faut que le public (entre lesmains de qui sont les capitaux) soit dans l’opinion que le gouvernement |qui stipule pour tout l’État a les moyens, aussi bien que la volonté, detenir ses promesses. Dans les siècles précédents, la faculté de manquer auxengagements du prince semblait faire partie des droits régaliens. Lesrentiers gémissaient quelquefois, mais n’osaient se plaindre trop haut. Lalégèreté avec laquelle Boileau parle de cet accident prouve qu’il n’était pastrès rare* *. Louis XIV, une fois, sentit bien quelque scrupule en violant sespromesses; mais son confesseur les leva en lui prouvant que les propriétésde ses sujets lui appartenaient, et qu’en les retenant, il ne faisait qu’userde son bien. Aussi, dans les malheurs de la guerre de la Succession, n’ayantplus aucun crédit, il fut obligé de passer par les mains des maltôtiers etd’avoir recours aux plus violentes exactions.

De nos jours, les gouvernements les plus despotiques ont mis au pre-mier rang de leurs dépenses le paiement de la dette. Ils ont compris ce

' Voyez quels sont les fondements du crédit personnel, page 81 de ce volume.

* .Plus pâle qu’un rentier

A l’aspeet de l’arrêt qui retranche un quartier.