DU CRÉDIT PUBLIC ET I)E SES BASES.
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que l’on ne comprenait pas dans les siècles précédents : c’est-à-dire queTon peut trouver plus d’argent en faisant de nouveaux, emprunts qu’enretenant de vieux intérêts. Un seul a manqué de l’intelligence nécessaireà ce calcul; et l’argent ne s’est point montré. Toutefois, il n’est personnequi ne sente que les gouvernements sont des debiteurs trop puissants pourn’être pas un peu dangereux. Dans le contrat passé entre eux et leurscréanciers, ils sont juges en même temps que parties. Comme dépositairesdu pouvoir souverain, ils déterminent l’époque et la manière dont, en leurqualité de débiteurs, ils devront s’acquitter. La loi qu’ils fout est la règleque suivent les tribunaux.
Quant aux ressources, un gouvernement en possède que n’a pas unparticulier. Celui-ci, quand le malheur l’atteint, ne peut aller puiser dansla bourse d’autrui. Le gouvernement puise dans celle des contribuables.Quand ils sont nombreux et prospères, quand leurs terres sont bien cul-tivées, leurs capitaux et leur industrie en plein rapport, ils pourront sub-venir aux engagements contractés par le gouvernement, pourvu toutefoisque ces engagements ne soient pas excessifs.
Les facultés des contribuables, comme celles d’un particulier, ne peu-vent manquer toutes à la fois ; la multiplicité et la diversité de leurs reve-nus offrent une sécurité que des accidents particuliers ne sauraient dé-truire ; mais il faut que le gouvernement soit en mesure d’en disposer.Les revenus des contribuables seraient plus que suffisants pour payer desintérêts, qu’il sc pourrait que le gouvernement ne trouvât point de prê-teurs s’il n’était pas assez puissant pour lever les impôts. Le Directoire,qui gouvernait la France quand Bonaparte usurpa le pouvoir, ne trouvaitde prêteurs à aucune condition, et Ton pouvait acquérir une rente de 5 fr.sur l’État pour le prix de 10 francs 50 centimes, c’est-à-dire, à peu de choseprès, sur le pied du denier deux. Bonaparte devenu maître, et ses succèsayant mis entre ses mains un immense pouvoir, les mêmes engagementsde l’État augmentèrent successivement de prix, jusqu’à valoir au-delà de80 francs. S’ils n’allèrent pas beaucoup au-delà, c’est que les facultés descontribuables et les forces du gouvernement ne sont pas tout : il fautencore que le paiement des intérêts ne dépende pas de la volonté d’unseul homme, et surtout d’un seul homme insatiable de pouvoir et de re-nommée. Cet homme peut faire de folles entreprises, il peut trahir scspromesses, il peut perdre la vie. Il faut donc, pour que les créanciersn’aient point d’inquiétudes sur leurs droits, que leur exécution reposesur les promesses de plusieurs personnes, et sur l’autorité des lois. Voilà