HUITIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIV.
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céder à très bas prix, sans que les particuliers voulussent se hasarder à enacquérir Les ministres des finances se sont donc adressés à des compa-gnies de contractants qui consentent à se charger de la totalité d’un em-prunt pour le revendre, soit à des spéculateurs en second, soit à des par-ticuliers qui désirent y placer leurs économies. Le gouvernemont négocieson emprunt à celle de ces compagnies qui lui fait les propositions lesplus avantageuses' 2 .
Quoique fort riches, des compagnies financières ne le seraient pourtantjamais assez pour fournir aux différents gouvernements de l’Europe lesmillions dont ils ont besoin. Les banquiers dont elles se composent se-raient fort peu disposés, d’ailleurs, à mettre toutes leurs fortunes entreles mains des princes et de leurs ministres, quelque liante opinion qu’ilsen eussent conçue. Ils s’arrangent en conséquence pour effectuer un pre-
' « J’ai vu, pendant que j’étais dans l'administration, un emprunt en rentes« viagères rester deux ans ouvert sans succès. Quelques prêteurs se succédaient« de loin eii loin : l’argent n’arrivait pas. Pour la première fois des banquiers« spéculèrent; ils demandèrent à souscrire pour la totalité de ce qui restait de« l’emprunt; leur proposition fut acceptée. Le trésor royal annonça que l’em-« primt était fermé; qu’il ne recevrait plus d’argent du public. Aussitôt le public« voulut de cet emprunt qu’il dédaignait la veille ; et les banquiers souscripteurs« le lui vendirent plus cher, parce que l’imagination s’échauffa. » Dufresne Saint-Léon : Éludes du crédit public, page 88.
3 Dans le premier emprunt de 1817, la France a négocié 23,600,000 francsde rente, dont le gouvernement, pour chaque rente de 5 francs, n’a touché enprincipal que 35 francs.
Dans le second emprunt de la même an-née, il a été vendu.- 9,000,000 de rentes sur le pied
de 64 fr. p r 5 fr.
de rentes.
Dans l’année 1818 . 14,600,000 à 66 fr. 50 p r 5 fr.
Même année. 17,800,000 à 67 fr. p r 5 fr.
Dans l’année 1821 . 12,512,220 à 85 fr. 5o p r 5 fr.
Dans l’année 1823 . 23,114,516 à 89 fr. 65 p r 5 fr.
En tout .... 100,626,736 de rentes,que l’on peut regarder comme ayant été négociées au taux commun de 70 fr.,c’est-à-dire de 7 1/7 pour cent d’intérêt; mais un des avantages de cette manièred’emprunter est de déguiser le taux usuraire de l’intérêt.