DES EMPRUNTS PAR SOUSCRIPTION.
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mier paiement entre les mains du ministre qui n’a jamais besoin de rece-voir en une seule fois toute la somme empruntée; et ils revendent en dé-tail les rentes qu’ils ont achetées en gros ; les sommes qu’ils tirent de cesreventes leur fournissent de quoi subvenir aux paiements subséquents,pour lesquels ils ont eu soin de se réserver un an à dix-huit mois de terme.Dans le traité, les compagnies stipulent d’autres avantages, comme de jouirde la totalité des intérêts de chaque semestre, quoique le principal de l’em-prunt ne soit versé au trésor que par portions, et que les derniers verse-ments ne soient exécutés quelquefois que plus d’un an après l’époque oùle prêteur a touché les premiers intérêts.
Vous demanderez par quels moyens les compagnies de traitants par-viennent à rassembler les sommes immenses qu’ils livrent de celte ma-nière aux exigences des gouvernements. C’est effectivement en cela queleur talent se manifeste. Une compagnie de traitants ne se met pas sur lesrangs sans avoir de nombreux correspondants, et même des associés dansles principales villes de l’Europe ; chacun d’entre eux à des clients qui lerendent dépositaire de leurs fonds, ou de leurs désirs de placer leursépargnes, ou simplement de spéculer dans les fonds publics. Chacun deces correspondants, par la connaissance qu’il a des ressources qu’offre sarésidence, est en étal d’estimer combien on pourra placer de renies àParis, à Londres, à Amsterdam, à Francfort, à Vienne et dans les villesqui ont des relations avec celles-là. Il s’agit ensuite de savoir à quel tauxil convient au contractants de se charger de l’emprunt; car ils ne veulentpas seulement s’en défaire avec certitude, mais avec bénéfice.
Chaque ville a une bourse, un marché où les rentes des différents Étalsde l’Europe ont un cours ouvert. Le taux auquel les compagnies de con-tractants se chargent d’un emprunt est toujours inférieur au cours établidans ces différentes villes pour des emprunts du même genre; les com-pagnies ne se chargent d’un emprunt qu’avec toutes les chances de hausse;et, du moment que le marché est conclu, elles ont d’immenses moyens poureu faire monter le cours encore davantage. Elles donnent, par exemple, àleurs correspondants, dans plusieurs lieux à la fois, l’ordre de faire desachats du nouvel emprunt, et d’en offrir un prix élevé qui ne leur coûterien, parce qu’étant vendeuses en même temps qu’acheleuses de cet em-prunt, elles reçoivent par les mains d’un de leurs agents les sommesqu’elles ont déboursées par les mains d’un autre. Pendant que des opé-rations de celte espèce se renouvellent, plusieurs portions des mêmesrentes sont achetées par de véritables consommateurs, qui les achètent