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Tome II.
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HUITIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIV.

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pour les garder et s’en faire un revenu De cette manière, les traitants, 1qui se sont chargés de tout l’emprunt d’un gouvernement, sont quelquefois |les capitalistes qui en conservent le moins pour leur compte, et, après avoir jjréalisé d’immenses bénéfices, ont de nouveau leurs capitaux disponiblespour recommencer une opération semblable avec un autre gouvernement.

On voit que, lorsqu’on vend une rente de 5 francs pour un capital de100 francs que l’on suppose avoir reçu et que l’on n’a réellement pas reçu,on déguise le véritable taux de l’intérêt; et que, quand l’État s’engage àpayer 5 francs de rente pour un principal de 70 francs qu’il reçoit, il em-prunte, dans le fait, à 7 1/2 pour cent, ou au denier 14, au lieu du denier20 ; il est assez singulier d’observer que des gouvernements qui ont pros-crit entre particuliers les emprunts portant un taux supérieur a cinq pourcent, comme en France et en Angleterre, ont eux-mêmes donné l’exemplede la violation de leurs propres lois.

Je ne prétends blâmer aucun taux d’intérêt, quand on en exclut toutefraude ; mais il est impossible de ne pas remarquer que cette forme d’ein- ?prunl est très funeste aux intérêts des nations, en ce qu’elle rend ceuxde leurs gouvernements dont une haute moralité ne dirige pas les résolu-tions indifférents sur le prix auxquel ils obtiennent des capitaux pourl’exécution de leurs desseins. S’ils ont besoin de quatre cents millions, ne

pouvant obtenir que 89 francs 65 centimes 5 pour chaque fois5 francs de /

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rente, ils inscrivent sur le livre de la dette publique 23,114,516 francs de s

' Un auteur anglais (Joseph Eovre : On lhe présent siale of England , p. 311)estime que les renies placées à poste fixe s’élèvent à peu près aux quatre cin-quièmes de la dette publique; mais que le cinquième restant des possesseurs desrentes sont les seuls qu’on aperçoive, qui fassent sensation à la bourse. Ce sonteux qui spéculent sur les fonds; qui achètent et qui vendent; qui confèrentavec les ministres et se chargent des nouveaux emprunts. Ils y emploient occa-sionnellement leurs capitaux, à défaut d’autres spéculations, et les en tirentlorsque l’achat des fonds publics de quelque auti’e État leur présente des chancesde gain. Ce sont eux qu’on appelle banquiers cosmopolites. Ils ne songent qu’à lahausse et à la baisse. Quant aux rentiers définitifs, ils ne songent qu’au paiementrégulier des intérêts.

En France, on paraît croire qu’une portion plus grande que les quatre cin-quièmes de la dette compose ce qu’on appelle les rentes casées.

5 Taux où l’on a négocié à une compagnie l’emprunt fait pour entreprendrela guerre d’Espagne en 1823.