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Tome II.
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m HUITIEME PARTIE. — CHAPITRE XV.

de l’État, et disposant des courriers du cabinet et des télégraphes, ontplus de données que d’autres pour être instruits, avant le public, des évé-nements importants, ou seulement des mesures qui peuvent influer surles prix courants ! On comprend que, par le moyen d’agents qui, en ap-parence, leur sont étrangers, il peuvent vendre à terme lorsqu’il sont as-surés d’une baisse, et acheter lorsqu’ils ont lieu de croire que les fondsdoivent monter. Chacun de leurs gains est une perte pour autrui. On peutles comparer à des joueurs placés de manière à voir le dessous des cartesqui demeure caché pour leurs adversaires ; ou bien à des combattantsarmés contre des antagonistes qui portent un bandeau sur les yeux. Onne peut que gémir sur les dupes qui entrent dans cette lice dangereuse.Il n’est point de ministre dans les différentes cours de l’Europe qui, depuisl’année 1815, n’ait pu amasser d’immenses trésors sans compromettre satête ni même son honneur. S’il en est qui l’ont perdu, c’est par d’autrescauses.

Les jeux de bourse, malgré tous ces désavantages, ont l’allrail de toutesles loteries : l’attrait que présente au joueur un gain rapide. On voit autourde soi des gens qui dépensent beaucoup, qui font une grande figure dansle monde; on se flatte toujours d’avoir le même bonheur ou la mêmeadresse ; on fixe ses regards sur l’appât brillant que vous offre la fortune ;on en est ébloui, et Ton ue voit pas l’abime qui vous en sépare. Le nombredes familles qui, depuis quelques années, ont été ruinées par les spécula-tions de la bourse est véritablement effrayant. Les loteries publiquesportent leurs ravages parmi les indigents et souvent les conduisent auvol; les maisons de jeux données à ferme par la police ruinent les fortunesmitoyennes de la société ; l’agiotage renverse les maisons de commerce etles grandes fortunes. C’est un triste accessoire au système des empruntset du crédit public.

tions seraient toujours exactement acquittées. Cependant, avant la victoire deMarengo, on n’était pas assuré que le nouveau gouvernement pût se maintenir;et les fonds montaient faiblement. On savait que le premier consul avait passéles Alpes; mais sa situation en Italie était extrêmement périlleuse et Ton atten-dait l’issue du conflit. Un jour, à l’heure de la bourse, un orage lointain fit en-tendre quelques coups de tonnerre. On crut que c’était le canon qui annonçaitle gain d’une bataille : les fonds montèrent aussitôt. C’était probablement lapremière fois que le tonnerre avait fait monter le cours des effets publics.