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Tome II.
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DE L’UTILITÉ DU CRÉDIT PUBLIC.

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Les rentes de l’État ne sont pas la seule matière de l’agiotage. On agiotesur les eaux-de-vie, les huiles, les cafés, les savons ; c’est-à dire qu’on s’en-gage à livrer ou à recevoir une certaine quantité de ces marchandises àune certaine époque. Ce n’est pas à dire que l’on veuille réellement envendre ou en acheter; mais, le terme arrivé, on résout le marché eupayant ou en recevant la différence qui se trouve entre le prix courant.On parie que le prix de cette marchandise haussera ou baissera dans l’in-tervalle. Comme toutes les ventes fictives, c’est une circulation dont il nerésulte rien déplus qu’un coup de dé qui met souvent, suivant l’expres-sion énergique d’un anonyme ’, la sottise sur l’édredon et le mérite sur lapaille ; mais le mérite qui joue de pareils jeux u’est—il pas un peu contes-table? Tous ces jeux qui entraînent beaucoup de malheurs, et dont l’in-dustrie et la production ne profilent jamais, pourraient, je crois, être sup-primés si le gouvernement le voulait.

CHAPITRE XVI.

De l’utilité du crédit public.

En faisant abstraction des domaines d’une nation, elle ne possède quedes revenus qui se composent des contributions annelles de ses citoyens.Est-il à désirer qu’elle ait en son pouvoir de consacrer à la dépense deTannée présente une portion de ses revenus futurs; qu’elle puisse lesaliéner pour un certain temps ou à perpétuité ?

La réponse à cette question ne paraît pas devoir être le sujet d’une con-troverse. On conviendra qu’il est toujours fâcheux d’engager son revenufutur; mais il faut, dira-t-on, avoir la possibilité de le faire en cas de né-cessité.

Remarquez bien, messieurs, cette restriction : en cas de nécessité. Ellechange la question, qui devient dès lors celle-ci : Qui sera juge de ce casde nécessité? Sera-ce le gouvernement '. Mais les hommes qui gouvernentont quelquefois un intérêt différent de celui des nations qui devront payer

’ D. J., Sur les Emprunts.

s Dans tout le cours de cet ouvrage, j’entends par le mol de gouverncmonl aussibien les hommes qui font les lois que ceux qui les exécutent. On gouverne parles injonctions d’un administrateur; ou plutôt les injonctions d’un administra-