Band 
Tome II.
Seite
459
JPEG-Download
 

DE L’UTILITÉ DU CRÉDIT PUBLIC.

45Ü

Or, quelles élaient, à l’époque où la guerre a commencé, les dépensesannuelles de l’Angleterre, l’Irlande comprise?28 millions sterling. Quellesétaient-elles en 1816? 101 millions 1 * * * ! N’esl-il pas naturel de supposer quedes contribuables, qui oui pu supporter des charges croissantes d’annéesen années, jusqu’à excéder, en 1816, une dépense annuelle de 101 mil-lions, pouvaient supporter, dès 1793, une dépense annuelle de 28 mil-lions, plus quatre et demi, c’est-à-dire 33 millions? Il est vrai que la dé-pense de 101 millions à été réduite depuis la paix, en vertu des économieset des amortissements. On payait néanmoins encore, en 1827, onze ansaprès la paix, 64 millions sterling, compris les intérêts de la dette*;tandis que si chaque année de guerre avait supporté sa dépense, on n’au-rait payé, pendant la guerre seulement, que 33 millions, sauf les accrois-sements naturels de l’état de paix. Et remarquez que c’est en supposantles profusions et les dilapidations aussi grandes qu’elles l’ont été.

Que l’on vérifie toutes ces données; que l’on y fasse toutes les correc-tions qu’on voudra, on trouvera toujours que, pour faire un peu moins dedépense dans les premières années de la guerre, il en faudra faire davan-tage au bout de quelques années, et que l’État demeurera, longtemps aprèsla paix, chargé de beaucoup d’intérêts.

Les auteurs anglais ne sont-ils pas fondés à se plaindre que la facilitéqu’on donne au gouvernement de dépenser des capitaux qui ne lui appar-tiennent pas, au lieu de ses revenus annuels, favorise singulièrement lalégèreté et les passions des gouvernants? « On est forcé d’avouer, » ditM. Robert Hamillon, « que nous avons souvent fait la guerre par des mo-« tifs insuffisants, et dans un but qu’il n’était pas possible d’atteindre, et« qui, en effet, n’a pas été atteint 5 , que, sous prétexte d’éviter des dangers« éloignés et douteux, nous nous sommes jetés dans des embarras réels« et imminents ; que la colère et la vanité nationales, plutôt que des vues« raisonnables et modérées, ont servi de règle à notre politique ; qu’après

1 Voyez les Slatislical illustrations by lhe London stalislical society, in lhefolding shecl prepxed. Les dépenses particulières à l’Irlande y sont comprises

pour 15 millions (annuels) à la fin de la guerre ; et les renies de la caisse d’amor-

tissement pour 13 millions.

* Voyez le budget anglais de 1827. 11 ne comprend même pas la portion desrentes dues à la caisse d’amortissement ( Sinking fund .)

5 Un homme d’esprit a remarqué que faire la guerre à des opinions, c’étaittirer le canon contre des idées.