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Tome II.
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DE LA COMPTABILITE COMMERCIALE.

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L’époque où se font les transmissions de valeurs est importante entrenégociants. Ils jouissent de la faculté d’employer une somme, de jouir del’intérêt qui s’y attache dès le moment où elle est effectivement entréedans leurs mains. De même ils sont privés du pouvoir d’eu tirer parti dèsle moment où ils s’en dessaisissent. Pour cette raison, aux comptes cou-rants que s’envoient les négociants entre eux, se trouve joint ordinaire-ment un compte d'intérêts. Il paraît difficile, au premier aperçu, de balancerles intérêts d’une foule de sommes, les unes payées, les autres reçues, àtoutes sortes d’époques différentes. Voici comment l’on s’y prend.

On établit, à côté de la colonne des sommes portées, soit au débit, soitau crédit d’un compte-courant, une autre colonne destinée à contenir lesintérêts de chaque article. Pour calculer ces intérêts, on fixe arbitraire-ment une époque pour l’ordinaire plus reculée que la dernière échéancedes valeurs contenues dans le même compte ; par exemple, si l’un de mescorrespondants m’a fait des remises dont quelques-unes ne seront payablesqu’à la fin de Tannée, je prends pour une époque commune la fin de l’an-née, et je suppose que les sommes du compte sont toutes à recevoir et àpayer ce jour-là. Je dois dès-lors à mon correspondant les intérêts detoutes les sommes que j’ai reçues ou que je dois recevoir pour lui, depuisle moment de leur échéance véritable jusqu’à la fin de Tannée; commelui, de son côté, me doit les intérêts de toutes celles que j’ai débourséespour son compte, depuis l’époque du déboursement jusqu’à la fin de Tannéeégalement. Ces deux colonnes d’intérêts, comparées par l’addition qu’onen fait, montrent quel est celui des deux qui a été le plus longtemps enavances à l’égard de l’autre, et le solde des intérêts est porté dans la co-lonne des sommes principales, au débit de celui des deux qui doit plusd’intérêts qu’il ne lui en est dû. On solde ensuite les sommes principales,et le solde que l’un des deux doit à l’autre est dû dès l’instant qui a étéchoisi pour une époque commune.

Si, par exemple, à la suite du compte courant et d’intérêts que j’ai remisà mon correspondant dans l’exemple ci-dessus, il se trouve être mon dé-biteur d’une somme de 9,000 francs, je lui mande que son compte est soldépar 9,000 francs, que je porte à son débit dans un compte nou veau, valeurà la fin de l’année, c’est-à-dire une somme pour solde dont il me devra lesintérêts à partir de ladite époque. En effet, le compte d’intérêts ayant mo-difié chaque somme du principal pour la réduire à ce qu’elle aurait été àl’époque unique qui a été fixée, toutes les sommes sont comme si ellesavaient été reçues et payées ce jour-là. Or, si ce jour-là j’ai payé pour mon