TABLEAU GÉNÉRAL. - ORGANES ESSENTIELS.
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De plus, cet ensemble de travaux industriels ne peut être exécuté qu’àl’aide de deux grands instruments, qui sont des capitaux et des fonds deterre. C’est avec leur aide que l’industrie transforme les matériaux de sesproduits en objets propres à nos consommations. On peut dire que lesinstruments de l’industrie travaillent de concert avec elle, et que les pro-duits sont toujours le résultat de leurs services réunis. Dès lors les pos-sesseurs des instruments, en même temps qu’ils travaillent directement àla production par leurs talents, y travaillent indirectement par le moyen deleurs capitaux et de leurs terres. On peut, sous ce rapport, même lorsqu’ilsne travaillent pas immédiatement à la production, les nommer produc-teurs. Leur coopération est commode pour eux ; mais elle n’en est pasmoins indispensable pour la formation des produits; car, s’ils ne fournis-saient pas l’usage de leur instrument, les produits n’existeraient pas
Nous devons donc regarder les produits comme les résultats de troisservices productifs : ceux des hommes industrieux, ceux des capitaux, etceux des fonds de terre; et, comme l’entrepreneur d’industrie est celuiqui a conçu l’idée du produit et trouvé les moyens de l’exécuter, nousdevons mettre sa coopération au premier rang des travaux industriels.
Tout produit est un moyen de se procurer une satisfaction à soi-même,à sa famille, à la société ; il est donc un bien. Le travail au prix duquel onl’obtient est un sacrifice, un mal 2 . Lors même qu’on achète un produit,
' On a vu que quelques économistes respectables, attribuant au seul travailla faculté de produire, ne voient dans les produits qui composent un capitalque du travail accumule. Gela ressemble au système des physiocrates, qui nevoyaient dans un capital que du produit net accumulé. Mais de même qu’on peutaccumuler les prolits de la terre, qui sont autre chose que de la terre , on peutaccumuler les profits du capital, qui sont autre chose que le capital ; et ni lesprofits de la terre, ni les profits du capital, ne sont la même chose que les profitsdu travail. Ge sont trois sortes de valeurs différentes et nouvellement créées.
Nous n’avons de mesure de la production que la valeur des choses produites;et, du moment que le consommateur attache à un produit une valeur suffisante,non-seulement pour rétablir le capital, mais pour que le capitaliste soit payé deses intérêts, et le propriétaire de son fermage, nous devons regarder ces dernièresvaleurs comme effectivement produites. Il est impossible sans cela d’expliquerraisonnablement les revenus.
1 11 ne faut pas ici chicaner sur le mol. Moralement, le travail est un bien, et