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NEUVIÈME PARTIE.
le nom d’économie politique qu’ils ont donné à cette science, et qu’on netrouve dans aucun écrivain antérieur. Adam Smith, sans partager celleerreur, l’a favorisée en adoptant la dénomination d’une science que, selonmoi, il eût mieux fait de nommer économie sociale. Il ne lui a pas moinsrendu un très grand service, en séparant totalement les principes indé-pendants des volontés humaines des vues des gouvernements. Il en estrésulté qu’il n’a pas armé contre la science les hommes de bonne foi detous les partis. Ibrahim-Pacha peut vouloir l’étudier comme M. Huskisson.Si le premier est moins éclairé que l’autre, il n’a pas le pouvoir du moinsd’ébranler des vérités bien établies; et nul ne peut s’eu prendre aux volontéshumaines si les principes contrarient ses projets. Il était commode, à ceuxque dirigent des vues intéressées, de s’en prendre à leurs antagonistes desoppositions qu’ils éprouvaient. Maintenant, ils sont réduits à être bonsobservateurs et à tirer des conclusions justes, s’ils veulent être écoulés.
J’en reviens à l’école de Quesnay cl des physiocrates que j’ai laissés enarrière, en remarquant les progrès de la science. On peut lui reprocherencore de s’être trop souvent appuyée sur des raisonnements métaphy-siques plutôt que sur des observations directes ; reproche, au surplus ,qui, sans avoir d’anssi graves conséquences, a pu être adressé à une autreécole plus récente.
Quanta la doctrine par laquelle l’école de Quesnay prétend établir quenuis biens ne sont produits que ceux qui viennent de la terre, soit qu’elleles produise spontanément, comme les métaux qu’elle recèle dans sonsein, les animaux qui peuplent sa surface et les eaux dont elle est bai-gnée , soit que ces biens soient provoqués par la culture, c’est un systèmequi, depuis, a trouvé son pendant dans un autre, qui maintient qu’aucunde nos biens ne vient de la terre, et qu’ils sont tous le fruit du travail.Leur dissentiment n’a lieu que parce qu’on ne s’entend pas sur les biensdont il s’agit. L’un de ces systèmes les fait consister dans les matériauxoù se trouve engagée leur valeur ; l’autre les fait consister uniquementdans celte valeur, en faisant abstraction de la matière. Mais la nature deschoses n’affecte pas des formes aussi simples et n’admet pas des décisionssi absolues. On a pu en trouver ailleurs les raisons et sentir le danger desprincipes absolus, quand on a vu que, par des conséquences rigoureuse-ment déduites, l’un de ces systèmes tend à faire porter sur les terres lefardeau tout entier de l’impôt, et l'autre à les en affranchir entièrement.
Je n’entrerai pas plus avant dans les doctrines des économistes du dix-huitième siècle et. dans les conséquences qu’ils en tirent : il faut les cher-