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Tome II.
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NEUVIÈME PARTIE.

résisté aux analyses plus exactes qu’on a faites depuis et aux conclusionsplus rigoureuses qu’on en a tirées. Ses théories, purement systématiques,n’ont pas survécu à l’abbé Morellet et à l’estimable Dupont de Nemours,dont les écrits (dans les faits positifs elles applications directes) ont rendunéanmoins des services constants et consciencieux.

Dupont de Nemours, indépendamment de trois ouvrages périodiquesauxquels il a travaillé pendant plusieurs années * 1 et de beaucoup d’écritssur des matières économiques, a secondé Turgot pendant son ministère,et a élevé un beau monument à sa mémoire, en recueillant et en publianttous les ouvrages de lui qu’on a pu retrouver 2 * * .

Les réflexions de Turgot sur la formation et la distribution des ri-chesses s’élèvent trop peu au-dessus des propositions fondamentales despremiers économistes pour donner des idées justes sur ces deux grandsphénomènes 5 ; mais il est fort supérieur à son époque dans la manièredont il représente les monnaies, qu’il distingue fort bien des capitaux (mé-rite que n’ont pas encore beaucoup d’écrivains de nos jours), et, ce quien est la conséquence, dans ce qu’il dit du prêt à intérêt.

Laissant de côté les erreurs purement théoriques de Turgot, il n’estguère d’ouvrages qui puissent fournir au publiciste et à l’homme d’Élatune plus ample moisson de faits et d’instruction que les neuf volumes deses œuvres. Sauf quelques morceaux de littérature qui font foi de la jus-tesse de son esprit naturel, toutes ses recherches, toutes ses vues ont pourobjet la prospérité de son pays et le bien de l’humanité ; jusque dans sesétudes sur le style, on reconnaît l’homme qui sent la nécessité de bienmanier l’instrument au moyen duquel nous communiquons nos pensées.

« nie paraît être le seul véritable, et j’ai la conviction intime que tôt ou tard il« triomphera partout. »

1 Le Journal d’agriculture, du commerce et des finances , lesÈphémcridcs du

citoyen, sous l’ancien régime ; et Y Historien, depuis la révolution.

1 A un âge où il devait soupirer après le repos, Dupont de Nemours ne putsupporter le choc de 1815, et il s’embarqua, malgré ses 75 ans, pour rejoindredeux fils aux États-Unis, d’où il n’est plus revenu. J’ai une longue lettre de luisur des sujets économiques, qu’il m’écrivit durant la traversée : « Je vous écris,

« me disait-il, à bord du Fingal , allant en Amérique, pour n’être pas exposé,« comme un courtisan, ou une courtisane, à passer d’une main dans une autre. »

5 Ne reconnaissant pas l’action productrice dans le travail et les capitaux, ilne saurait expliquer le revenu des industrieux et des capitalistes.