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Tome sixième.
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A08 EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.

« et de lui en rendre grâces. Convaincus maintenant de l’erreur« des hypothèses dont nous venons de faire usage, nous devons« employer tous nos efforts pour découvrir les lois véritables des« mouvements célestes. Ces huit minutes, qu’il n’est plus permis« de négliger, m’ont mis sur la voie pour réformer toute l’astro-«nomie, et sont la matière de la plus grande partie de cet ou-« vrage. »

Frappé des objections que les adversaires de Copernic oppo-saient au mouvement de la terre, et peut-être entraîné par la va-nité de donner son nom à un système astronomique, Tycho-Brahéméconnut celui de la nature. Suivant lui, la terre est immobileau centre de l’univers, tous les astres se meuvent chaque jourautour de l’axe du monde, et le soleil, dans sa révolution annuelle,emporte avec lui les planètes. Dans ce système, qui, selon l’ordrenaturel des idées, aurait dû précéder celui de Copernic , les ap-parences sont les mêmes que dans la théorie du mouvement dela terre. On peut généralement considérer tel point que l’on veut,par exemple le centre de la lune, comme immobile, pourvu quel’on transporte, en sens contraire, à tous les astres le mouvementdont il est animé. Mais n’est-il pas physiquement absurde de sup-poser la terre sans mouvement dans l’espace, tandis que le soleilentraîne les planètes au milieu desquelles elle est comprise? Ladistance de la terre au soleil, si bien d’accord avec la durée desa révolution, dans l’hypothèse de son mouvement, pouvait-ellelaisser des doutes à un esprit fait pour sentir la force de l’analo-gie? et ne doit-on pas dire, avec Képler, que la nature proclameici, dune voix haute, la vérité de cette hypothèse? Il faut l’avouer,Tycho, quoique grand observateur, ne fut pas heureux dans larecherche des causes : son esprit peu philosophique fut mêmeimbu des préjugés de l’astrologie judiciaire, qu’il a essayé dedéfendre. H serait cependant injuste de le juger avec la mêmerigueur que celui qui se refuserait, de nos jours, à la théorie du