Band 
Tome septième.
Seite
LXXVIII
JPEG-Download
 

Lxxvin

INTRODUCTION.

du monde, cette hypothèse, qui me paraît satisfaire à tous lesphénomènes que ce système nous présente.

Dans cette hypothèse, les comètes sont étrangères au systèmeplanétaire. En attachant leur formation à celle des nébuleuses, onpeut les regarder comme de petites nébuleuses à noyaux, errantesde systèmes en systèmes solaires, et formées par la condensationde la matière nébuleuse répandue avec tant de profusion dansl’univers. Les comètes seraient ainsi, par rapport à notre sys-tème, ce que les aérolithes sont relativement à la terre, à laquelleils paraissent étrangers. Lorsque ces astres deviennent visiblespour nous, ils offrent une ressemblance si parfaite avec les nébu-leuses qu’on les confond souvent avec elles; et ce n’est que parleur mouvement, ou par la connaissance de toutes les nébuleusesrenfermées dans la partie du ciel où ils se montrent, qu’on par-vient à les en distinguer. Cette supposition explique d’une ma-nière heureuse la grande extension que prennent les têtes et lesqueues des comètes, à mesure quelles approchent du soleil, etl’extrême rareté de ces queues qui, malgré leur immense profon-deur, n’affaiblissent point sensiblement l’éclat des étoiles que l’onvoit à travers.

Lorsque de petites nébuleuses parviennent dans la partie del’espace où l’attraction du soleil est prédominante, et que nousnommerons sphère d’activité de cet astre, il les force à décrire desorbes elliptiques ou hyperboliques. Mais leur vitesse étant égale-ment possible suivant toutes les directions, elles doivent se mou-voir indifféremment dans tous les sens et sous toutes les incli-naisons à l’écliptique; ce qui est conforme à ce que l’on observe.

La grande excentricité des orbes cométaires résulte encore del’hvpothèse précédente. En effet, si ces orbes sont elliptiques, ilssont très-allongés, puisque leurs grands axes sont au moins égauxau rayon de la sphère d’activité du soleil. Mais ces orbes peuventêtre hyperboliques, et si les axes de ces hvperboles ne sont pas