CXII
INTRODUCTION.
morts, la durée moyenne de la vie est le rapport même de la po-pulation aux naissances annuelles; car la population étant sup-posée stationnaire, le nombre des individus d’un âge comprisentre deux années consécutives de la table est égal au nombre desnaissances annuelles, multiplié par la demi-somme des probabi-lités d’atteindre ces années. La somme de tous ces produits seradonc la population entière. Or, il est aisé de voir que cettesomme, divisée par le nombre des naissances annuelles, coïncideavec la durée moyenne de la vie, telle que nous venons de ladéfinir.
Il est facile, au moyen d’une table de mortalité, de former latable correspondante de la population supposée stationnaire. Pourcela, on prend des moyennes arithmétiques entre les nombres dela table de mortalité correspondants aux âges zéro et un an, unet deux ans, deux et trois ans, etc. La somme de toutes cesmoyennes est la population entière; on l’écrit à côté de l’âgezéro. On retranche de cette somme la première moyenne, et lereste est le nombre des individus d’un an et au-dessus; on l’écrità côté de l’année 1. On retranche de ce premier reste la secondemoyenne; ce second reste est le nombre des individus de deuxannées et au-dessus ; on l’écrit à côté de l’année i , et ainsi desuite.
Tant de causes variables influent sur la mortalité, que leslabiés qui la représentent doivent changer suivant les lieux et lestemps. Les divers états de la vie offrent à cet égard des différencessensibles relatives aux fatigues et aux dangers inséparables dechaque état, et dont il est indispensable de tenir compte dansles calculs fondés sur la durée de la vie; mais ces différencesn’ont pas encore été suffisamment observées; elles le seront unjour : alors on saura quel sacrifice de la vie chaque professionexige, et l’on profitera de ces connaissances pour en diminuerles dangers.