INTRODUCTION.
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La salubrité plus ou moins grande du sol, son élévation, satempérature, les mœurs des habitants et les opérations des gou-vernements ont sur la mortalité une influence considérable ; maisil faut toujours faire précéder la recherche de la cause des diffé-rences observées par celle de la probabilité avec laquelle cettecause est indiquée. Ainsi le rapport de la population aux nais-sances annuelles, que l’on a vu s’élever en France à vingt-huit etun tiers, n’est pas égal à vingt-cinq dans l’ancien duché de Milan .Ces rapports, établis l’un et l’autre sur un gi'and nombre denaissances, ne permettent pas de révoquer en doute l’existence,dans le Milanais, d’une cause spéciale de mortalité qu’il importeau gouvernement de ce pays de rechercher et de faire disparaître.
Le rapport de la population aux naissances s’accroîtrait encoresi l’on parvenait à diminuer ou à éteindre quelques maladiesdangereuses et très-répandues. C’est ce que l’on a fait heureuse-ment pour la petite vérole, d’abord par l’inoculation de cette ma-ladie, ensuite d’une manière beaucoup plus avantageuse, parl’inoculation de la vaccine, découverte inestimable de Jenner, quipar là s’est rendu l’un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité.
La petite vérole a cela de particulier, savoir, que le mêmeindividu n’en est pas deux fois atteint, ou du moins, ce cas estsi rare, que l’on peut en faire abstraction dans le calcul. Cettemaladie, à laquelle peu de monde échappait avant la découvertede la vaccine, est souvent mortelle et fait périr un septième en-viron de ceux quelle attaque. Quelquefois elle est bénigne, etl’expérience a fait connaître qu’on lui donnait ce dernier caractèreen l’inoculant sur des personnes saines, préparées par un bonrégime et dans une saison favorable. Alors le rapport des individusqu elle fait périr, aux inoculés, n’est pas un trois-centième. Cegrand avantage de l’inoculation, joint à ceux de ne point altérerla beauté et de préserver des suites fâcheuses que la petite vé-role naturelle entraîne souvent après elle, la fit adopter par un
TOME VIL P