CXXII
INTRODUCTION.
On peut envisager un peuple libre comme une grande asso-ciation dont les membres se garantissent mutuellement leurs pro-priétés, en supportant proportionnellement les charges de cettegarantie. La confédération de plusieurs peuples leur donneraitdes avantages analogues à ceux que chaque individu retire de lasociété. Un congrès de leurs représentants discuterait les objetsd’une utilité commune à tous; et sans doute alors le système despoids, des mesures et des monnaies, proposé par les savants fran-çais , serait adopté dans ce congrès comme une des choses lesplus utiles aux relations, commerciales.
Parmi les établissements fondés sur les probabilités de la viehumaine, les meilleurs sont ceux dans lesquels, au moyen d’unléger sacrifice de son revenu, on assure son existence et celle desa famille pour un temps où l’on doit craindre de ne plus suffireà ses besoins. Autant le jeu est immoral, autant ces établisse-ments sont avantageux aux mœurs, en favorisant les plus douxpenchants de la nature. Le Gouvernement doit donc les encou-rager et les respecter dans les vicissitudes de la fortune publique;car les espérances qu’ils présentent portant sur un avenir éloigné,ils ne peuvent prospérer qu’à l’abri de toute inquiétude sur leurdurée. C’est un avantage que l’institution du gouvernement repré-sentatif leur assure.
Disons un mot des emprunts. Il est clair que pour emprunteren perpétuel, il faut payer, chaque année, le produit du capitalpar le taux de l’intérêt. Mais on peut vouloir acquitter ce capitalen payements égaux faits pendant un nombre déterminé d’années,payements que l’on nomme annuités, et dont on obtient ainsi lavaleur. Chaque annuité, pour être réduite au moment actuel,doit être divisée par une puissance de l’unité augmentée du tauxde l’intérêt, égale au nombre des années après lesquelles on doitpayer cette annuité. En formant donc une progression géomé-trique dont le premier terme soit l’annuité divisée par l’unité