INTRODUCTION.
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centre de l’univers, en se considérant comme l’objet spécial dessoins de la nature, porte chaque individu à se faire le centre d’unesphère plus ou moins étendue, et à croire que le hasard a pourlui des préférences. Soutenus par cette opinion, les joueurs expo-sent souvent des sommes considérables, à des jeux dont ils saventque les chances leur sont contraires. Dans la conduite de la vie,une semblable opinion peut quelquefois avoir des avantages, maisle plus souvent elle conduit à des entreprises funestes. Ici commeen tout les illusions sont dangereuses, et la vérité seule est géné-ralement utile.
Un des - grands avantages du calcul des probabilités est d’ap-prendre h se défier des premiers aperçus. Comme on reconnaîtqu’ils trompent souvent, lorsqu’on peut les soumettre au calcul,on doit en conclure que sur d’autres objets il ne faut s’y li-vrer qu’avec une circonspection extrême. Prouvons cela par desexemples.
Une urne renferme quatre boules noires ou blanches, mais quine sont pas toutes de la même couleur. On a extrait une desboules, dont la couleur est blanche, et que l’on a remise dansl’urne pour procéder encore à. de semblables tirages. On demandela probabilité de n’extraire que des boules noires, dans les quatretirages suivants.
Si les boules blanches et noires étaient en nombre égal, cetteprobabilité serait la quatrième puissance de la probabilité \ d’ex-traire une boule noire à chaque tirage; elle serait donc Maisl’extraction d’une boule blanche au premier tirage indique unesupériorité dans le nombre des boules blanches de furne; car sil’on suppose dans l’urne trois boules blanches et une noire, laprobabilité d’en extraire une boule blanche est elle est -f-, sil’on suppose deux boules blanches et deux noires; enfin, elle seréduit à ÿ, si l’on suppose trois boules noires et une blanche.Suivant le principe de la probabilité des causes, tirée des évé-