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INTRODUCTION.
On a essayé d’expliquer la supériorité des naissances des garçonssur les naissances des fdles, par le désir général des pères d’avoirun fds qui perpétue leur nom. Ainsi, en imaginant une urneremplie d’une infinité de boules blanches et noires, en nombreégal, et supposant un grand nombre de personnes dont chacunetire une boule de cette urne, et continue ce tirage avec l’intentionde s’arrêter quand elle aura extrait une boule blanche, on a cruque cette intention devait rendre le nombre des boules blanchesextraites supérieur à celui des noires. En effet, elle donne néces-sairement après tous les tirages un nombre de boules blanchesau moins égal à celui des personnes; et il est possible que cestirages n’amènent aucune boiüe noire. Mais il est facile de recon-naître que cet aperçu n’est qu’une illusion; car si l’on conçoit quedans un premier tirage toutes les personnes tirent à la fois uneboule de l’urne, il est évident que leur intention ne peut avoiraucune influence sur la couleur des boules qui doivent sortir à cetirage. Son unique effet sera d’exclure du second tirage les per-sonnes qui auront amené une boule blanche au premier. Il estpareillement visible que l’intention des personnes qui prendrontpart au nouveau tirage n’influera point sur la couleur des boulesqui sortiront, et qu’il en sera de même des tirages suivants. Cetteintention n’influera donc point sur la couleur des boules extraitesdans l’ensemble des tirages; seulement elle fera participer plusou moins de personnes à chacun d’eux. Le rapport des boulesblanches extraites aux noires sera ainsi très-peu différent del’unité. Il suit de là que le nombre des personnes étant supposéfort grand, si l’observation donne entre les couleurs extraites unrapport qui diffère sensiblement de l’unité, il est très-probableque la même différence a lieu à fort peu près entre l’unité et lerapport des boules blanches aux boules noires contenues dansl’urne.
Je mets encore au rang des illusions l’application que Leibnitz