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Tome septième.
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CXXXIV
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CXXXIV

INTRODUCTION.

si la terre entière a été primitivement fluide, comme tout paraîtl’indiquer, on conçoit qu’en passant de cet état à celui quelle amaintenant, sa surface a dû éprouver de prodigieux changements.Le ciel même, malgré l’ordre de ses mouvements, n’est pas inal-térable. La résistance de la lumière et des autres fluides éthéréset l’attraction des étoiles doivent, après un très-grand nombre desiècles, considérablement altérer les mouvements planétaires. Lesvariations déjà observées dans les étoiles et dans la forme desnébuleuses font pressentir celles que le temps développera dansle système de ces grands corps. On peut représenter les étatssuccessifs de l’univers, par une courbe dont le temps serait l’abs-cisse, et dont les ordonnées exprimeraient ces divers états. Con-naissant à peine un élément de cette courbe, nous sommes loinde pouvoir remonter à son origine; et si, pour reposer l’imagi-nation toujours inquiète d’ignorer la cause des phénomènes quil’intéressent, on hasarde quelques conjectures, il est sage de neles présenter qu’avec une extrême réserve.

Il existe dans l’estimation des probabilités un genre d’illusionsqui, dépendant spécialement des lois de l’organisation intellec-tuelle, exige, pour s’en garantir, un examen approfondi de ces lois.Le désir de pénétrer dans l’avenir, et les rapports de quelquesévénements remarquables avec les prédictions des astrologues,des devins et des augures, avec les pressentiments et les songes,avec les nombres et les jours réputés heureux ou malheureux,ont donné naissance à une foule de préjugés encore très-répandus.On ne réfléchit point au grand nombre de non coïncidences quin’ont fait aucune impression, ou que l’on ignore; cependant ilest nécessaire de les connaître, pour apprécier la probabilité descauses auxquelles on attribue les coïncidences. Cette connaissanceconfirmerait sans doute ce que la raison nous dicte à l’égard deces préjugés. Ainsi le philosophe de l’antiquité auquel on mon-trait dans un temple, pour exalter la puissance du dieu qu’on y