CXXXVI
INTRODUCTION.
« quelqu’une doit arriver : alors la superstition qui vous domine« ne vous laisse point de repos. Le sommeil même, ce refuge des« mortels dans leurs peines et dans leurs travaux, devient par elle« un nouveau sujet d’inquiétudes et de frayeurs. «
Tous ces préjugés et les frayeurs qu’ils inspirent tiennent àdes causes physiologiques qui continuent quelquefois d’agirfortement, après que la raison nous a désabusés. .Mais la répé-tition d’actes contraires à ces préjugés peut toujours les dé-truire. C’est ce que nous allons établir par les considérationssuivantes.
Aux limites de la physiologie visible commence une autre phy-siologie dont les phénomènes, beaucoup plus variés que ceux dela première, sont, comme eux, assujettis à des lois qu’il est très-important de connaître. Cette physiologie, que nous désigneronssous le nom de psychologie, est sans doute une continuation dela physiologie visible. Les nerfs, dont les fdaments se perdentdans la substance médullaire du cerveau, y propagent les im-pressions qu’ils reçoivent des objets extérieurs, et ils y laissentdes impressions permanentes qui modifient, d’une manière in-connue, le sensorium ou siège de la pensée. Les sens extérieursne peuvent rien apprendre sur la nature de ces modificationsétonnantes par leur infinie variété, et par la distinction et l’ordrequ’elles conservent dans le petit espace qui les renferme; mo-difications dont les phénomènes si variés de la lumière et del’électricité nous donnent quelque idée. Mais, en appliquant auxobservations du sens interne, qui peut seul les apercevoir, la mé-thode dont on a fait usage pour les observations des sens externes,on pourra porter, dans la théorie de l’entendement humain, lamême exactitude que dans les autres branches de la philosophienaturelle.
Déjà quelques-uns des principes * de psychologie ont été re-
Je désigne ici par la dénomination de principes les rapports généraux des phénomènes.