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INTRODUCTION.
pressions intérieures rappelées par la mémoire. L’influence réci-proque de ces impressions est un principe psychologique féconden conséquences. Développons quelques-unes des principales.
Qu’un observateur, placé dans une profonde obscurité, voie àdes distances différentes deux globes lumineux d’un même dia-mètre : ils lui paraîtront d’inégale grandeur. Leurs images inté-rieures seront proportionnelles aux images correspondantes peintessur la rétine. Mais si, l’obscurité venant à cesser, il aperçoit enmême temps que les globes tout l’espace intermédiaire, cettevue agrandit l’image intérieure du globe le plus éloigné, et larend presque égale à celle de l’autre globe. C’est ainsi qu’unhomme, vu aux distances de deux et de quatre mètres, nous pa-raît de la même grandeur: son image intérieure ne varie point,quoique l’une des images peintes sur la rétine soit double del’autre. C’est encore par l’impression des objets intermédiairesque la lune à l’horizon nous semble plus grande qu’au zénith.On aperçoit, au-dessus d’une branche voisine de l’œil, un objetque l’on rapporte au loin et qui paraît fort grand. On vient en-suite à reconnaître le lien qui l’unit à la branche : sur-le-champla perception de ce lien change l’image intérieure et la réduit àune dimension beaucoup moindre. Toutes ces choses ne sontpoint de simples jugements, comme quelques métaphysiciensl’ont pensé ; elles sont des effets physiologiques dépendants desdispositions que le sensorium a contractées par la comparaisonhabituelle des impressions d’un même objet sur les organes deplusieurs sens, et spécialement sur ceux du toucher et de la vue.
L’influence des traces rappelées par la mémoire, sur les im-pressions qu’excitent les objets extérieurs, se lait remarquer dansun grand nombre de cas. On voit de loin des lettres, sans pouvoirdistinguer le mot qu’elles expriment. Si quelqu’un prononce cemot, ou si quelque circonstance en rappelle la mémoire, aussitôtl’image intérieure de ces lettres ainsi rappelées se superpose, si